Allocations budgétaires: L’enveloppe de la Défense en hausse

• Mutineries et crise malienne en sont la cause

• On ne badine pas avec la sécurité

L’augmentation spectaculaire des ressources, entre 2011 et 2012, trouve son explication à deux niveaux. Dans un premier temps, elle serait liée à la crise sociale et politique que le pays a traversée en 2011, caractérisée entre autres par les mutineries dans les casernes. La seconde raison est en rapport avec la crise malienne. Ces mesures ont eu des incidences financières sur le budget national.

L’augmentation spectaculaire des ressources, entre 2011 et 2012, trouve son explication à deux niveaux. Dans un premier temps, elle serait liée à la crise sociale et politique que le pays a traversée en 2011, caractérisée entre autres par les mutineries dans les casernes. La seconde raison est en rapport avec la crise malienne. Ces mesures ont eu des incidences financières sur le budget national.

Les ressources consacrées au secteur de la Défense connaissent une nette hausse depuis 2011. L’examen des allocations budgétaires des différents secteurs, inscrites dans les lois de finances, donne cette information. Il faut tout de même reconnaitre que la situation exacte des allocations en direction de la Défense est difficile à établir à partir des lois de finances, dans la mesure où toutes les ressources consacrées à ce secteur n’y sont pas inscrites. Néanmoins, si l’on s’en tient aux allocations faites dans les lois de finances, en 2010, c’est la somme de 60,868 milliards de F CFA qui a été consacrée à la Défense. Cette somme est passée à 72,245 milliards de F CFA en 2011, soit une hausse de 15,75%. En 2012, elle était de 85,242 milliards de F CFA (+15,25%). Cependant, au cours de l’année 2013, les ressources consacrées au secteur de la Défense ont connu une baisse inhabituelle de 2,78% pour se situer à 82,934 milliards de F CFA, avant de remonter en 2014 (89,832 milliards de F CFA), soit un taux de croissance de 7,68%.

L’augmentation spectaculaire des ressources entre 2011 et 2012 trouve son explication à deux niveaux. Dans un premier temps, elle serait liée à la crise sociale et politique que le pays a traversée en 2011, caractérisée entre autres par les mutineries dans les casernes. Suite à cette crise et pour la juguler, d’importantes mesures ont été prises en faveur de l’amélioration des conditions de vie et de travail des militaires.
Ces mesures ont eu des incidences financières sur le budget national. La seconde raison qui explique cette augmentation est en rapport avec la question sécuritaire dans la sous-région, marquée essentiellement par la crise malienne et la menace terroriste. Le Gouvernement a été amené à prendre des mesures immédiates pour venir en aide au Mali et aussi protéger son territoire.
L’examen des dépenses en matière d’investissement en 2011 relève un accroissement de 46,52% pour ce qui concerne le secteur de la Défense, pendant qu’un secteur comme l’eau et l’assainissement connaissait une baisse de moins de 0,04%. Ce choix du Gouvernement se justifie. Mais les secteurs sociaux ne devaient pas en faire les frais.
Restons sur le secteur de l’eau et de l’assainissement pour relever que depuis le pic atteint en 2010 avec l’augmentation des ressources de l’ordre de 38,25%, ce secteur est à la traine dans les allocations budgétaires. En 2011, le taux de croissance de ses allocations a baissé de 23,25%. En 2012, il est remonté à 30,02%, pour redescendre à 15,38% en 2013. L’année 2014 enregistre le plus faible taux de croissance de la période (2,61%).
Pourtant, les défis à relever dans ce secteur sont nombreux. Des milliers de foyers en milieu urbain et, surtout, rural n’ont pas accès à l’eau potable. Faute d’infrastructures adéquates, le Burkina Faso enregistre de mauvais scores en matière d’hygiène et d’assainissement. Les données du ministère de l’Eau, des aménagements hydrauliques et de l’assainissement (Meaha) n’indiquent-elles pas que dans les zones rurales 80% de la population n’ont pas de latrines et défèquent dans la nature et que seulement 1% de la population burkinabè a accès à l’assainissement (eaux usées et excrétas)? Pourtant, le budget national connait une hausse significative d’année en année, avec un taux de croissance annuel moyen de 13,17% de 2008 à 2014.


23 milliards en 2013

Pour faire face à la crise malienne, le Burkina Faso a dégagé 23 milliards de F CFA en 2013 de son budget. Le Gouvernement a engagé cette dépense avant que les députés ne la valident à travers une loi de finances rectificative votée le 23 mai 2013. Ces 23 milliards de F CFA ont servi à la prise en charge des besoins de la mission internationale de soutien au Mali (15 milliards) et le renforcement de la sécurité intérieure (7,55 milliards). En rappel, un contingent de 500 militaires burkinabè a été envoyé au Mali et 1.000 hommes ont été mobilisés.o

Joël BOUDA

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Numéro d'édition: 75

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