Monnaie unique de la Cedeao: Nouveau report dans la mise en œuvre

• Les points de convergence réduits de 11 à 6

• Un ratio dette/Pib plus souple

Les membres du comité technique en charge de la mise en place d’une monnaie unique pour les pays membres de la Cedeao, incluant les pays de l’Uemoa utilisant le F CFA et d’autres pays comme le Nigéria (Naira), le Ghana (Cedis) ou encore la Guinée Conakry (Franc guinéen), ont de nouveau suggéré que soit reportée l’entrée en vigueur dès janvier 2015 du régime d’une monnaie unique pour cette sous-région.
Dans le cadre de la 37ème rencontre de ce comité qui s’est déroulée, le 14 juillet, à Lagos au Nigéria, il a été constaté, comme en 2010, que la plupart des pays ne pourraient pas être en adéquation avec les critères de convergence nécessaires à la mise en place d’un tel régime. Pourtant à cette époque-là, Lamido Sanusi (aujourd’hui déchu), alors gouverneur de la Banque centrale du Nigéria, avait fait savoir que tout serait mis en œuvre pour que les pays soient en conformité avec les critères de convergence dès janvier 2015.

La naissance de «ECO» -nom attribué à la monnaie unique- était prévue pour le mois de janvier 2015. Les membres du comité technique en charge de sa mise en place ont demandé un nouveau report de son entrée en vigueur. (Ph.: DR)

La naissance de «ECO» -nom attribué à la monnaie unique- était prévue pour le mois de janvier 2015. Les membres du comité technique en charge de sa mise en place ont demandé un nouveau report de son entrée en vigueur. (Ph.: DR)

Aussi, le comité technique s’est résolu à revoir de 11 à 6, les points de convergence nécessaires à la mise en place de ce régime de monnaie unique. Désormais, seulement trois points sont indispensables, et dans certains cas, ils ont été allégés. La convergence exige, désormais, que les pays affichent un déficit public de moins de 3%, un niveau d’inflation inférieur à 10% et à moins de 5% à l’horizon 2019, et enfin des réserves extérieures pouvant soutenir 5 mois d’importations.
Les trois autres critères plus souples sont un ratio dette/Pib de 70%, des avances de trésorerie des banques centrales ne finançant pas le déficit budgétaire à plus de 10% et une variation du taux de change nominal de 10% maximum. Face à une conjoncture économique marquée par la hausse au niveau global des coûts de l’énergie et un tissu productif qui reste assez faible, il sera difficile pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest de respecter même ces nouveaux critères.Malgré ce coup d’arrêt, les membres du comité ont, toutefois, convenu de faire entrer en vigueur, dès janvier 2015, le Tarif extérieur commun (Tec) et la libre circulation des biens et des personnes.
Le projet de création d’une zone monétaire unique de l’Afrique de l’Ouest est un projet politique. Il participe de la vision d’une Afrique unie, dont l’esquisse a été tracée par les pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine.
C’est en 1983 que les chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté vont entreprendre de nombreuses initiatives dans le but de créer une zone monétaire unique en Afrique de l’Ouest.
NK

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Numéro d'édition: 71

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