Michel Temer, président de la République fédérale du Brésil

L’eau : Un droit pour chacun, un défi pour tous ! – Par : Michel Temer

L’accès à l’eau potable et aux systèmes d’assainissement de base est un droit ; c’est l’un des objectifs de développement durable de l’ONU ; c’est une condition nécessaire à la vie humaine. Et pourtant, près de 2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas de sources d’eau salubre à disposition dans leurs domiciles ; et près de 2,3 milliards de personnes manquent d’installations sanitaires de base.

Environ 260 millions d’individus – soit plus que la population du Brésil – sont à plus de 30 minutes à pied d’un point d’eau. Garantir l’accès à l’eau est l’un des plus grands défis de notre époque.

Si le Brésil possède 12% des réserves mondiales en eau douce, il n’est pas à l’abri des problèmes liés à l’eau. Certaines de ses grandes villes font face à des pénuries d’approvisionnement. Le manque inacceptable de réseaux d’assainissement persiste dans le pays. Et nous ne connaissons que trop bien la souffrance que causent les sécheresses aux populations du Nord-Est du Brésil.

C’est dans le but de trouver des réponses à ces questions urgentes que nous accueillons cette semaine à Brasilia le 8e Forum mondial de l’eau, auquel étaient attendus plus de 40.000 participants de plus de 160 pays. Nous avons reçu des chefs d’Etat et de gouvernement, des gouverneurs et des maires, des parlementaires et des juges, des représentants d’organisations internationales et du monde universitaire, du secteur privé et de la société civile. Cette diversité d’acteurs donne à ce forum une grande richesse. Le chef de gouvernement du Maroc, Saâdeddine El Othmani, y a participé et a présidé la remise du Grand Prix Mondial Hassan II pour l’Eau.

Le choix du Brésil comme hôte du plus grand événement international sur les ressources en eau ne surprend pas. Depuis longtemps déjà, nous sommes engagés à l’échelle mondiale sur ce sujet: nous avons organisé en 1992 le Sommet de Rio, conférence des Nations-Unies sur l’environnement et le développement, la Conférence des Nations-Unies sur le développement durable 2012 dite Rio+20 – rencontres où a été reconnue l’étroite relation qui existe entre la durabilité des ressources hydriques et le développement. Plus récemment, nous avons été l’un des premiers pays à ratifier l’Accord de Paris qui aborde l’une des principales menaces au droit à l’eau: les changements climatiques.

Ce traditionnel rôle de protagoniste sur la scène internationale s’appuie sur des mesures concrètes au plan intérieur. Le Brésil sait que l’eau et l’assainissement vont de pair avec la protection de l’environnement – et nous avons fait de la sécurité de l’eau un pilier de nos politiques pour l’écologie. Dans le but de préserver nos cours d’eau, nous avons mis en œuvre le programme Plantadores de Rios («Planteurs de rivières», NdT), qui utilise des outils numériques pour préserver nos sources et nos aires de protection permanente.

Nous avons également beaucoup avancé en matière de protection de nos forêts. Nous avons agrandi des zones de conservation forestière. Nous avons inversé la courbe de la déforestation en Amazonie qui, à notre arrivée au gouvernement, était en hausse. Et nous sommes sur le point de créer deux vastes zones de conservation de la biodiversité marine. C’est comme cela, en protégeant nos écosystèmes, que nous protégeons nos sources d’eau. Notre attention se porte également sur l’assainissement, avec l’objectif de l’universalisation de ce service de base.

Avoir de l’eau disponible est essentiel, mais ne suffit pas. Encore faut-il qu’elle arrive à ceux qui en ont besoin. Dans ce sens, nous travaillons à achever le grand et ancien projet de transposition des eaux du São Francisco, le plus important fleuve de notre région nord-est, celle qui est la plus menacée par le stress hydrique au Brésil.

Voilà le Brésil qui accueille le Forum mondial de l’eau: un Brésil à la recherche de solutions communes aux problèmes mondiaux ; un Brésil qui fait et continuera à faire sa part dans la protection de notre ressource naturelle la plus précieuse.

L’Economiste Edition N°:5236
du 23/03/2018


Le forum mondial de l’eau

Le Forum mondial de l’eau (FME) est organisé tous les 3 ans par le Conseil mondial de l’eau et un pays hôte, comme un lieu de débat et d’échanges sur les questions d’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous. Le 8e Forum mondial de l’eau a eu lieu du 18 au 23 mars 2018 à Brasilia. La mission du Forum est «de promouvoir la sensibilisation, de renforcer l’engagement politique et de déclencher des actions sur les problèmes critiques de l’eau à tous les niveaux, afin de faciliter la conservation, la protection, le développement, la planification, la gestion et l’utilisation efficaces de l’eau dans toutes ses dimensions, sur une base écologiquement durable pour le bénéfice de toute vie».
Le Forum mondial de l’eau contribue au dialogue sur le processus de prise de décision sur l’eau au niveau mondial, afin de parvenir à une utilisation rationnelle et durable de cette ressource. Compte tenu de sa portée politique, technique et institutionnelle, l’une des principales caractéristiques du Forum est la participation ouverte et démocratique d’acteurs issus de différents secteurs ; ce qui en fait un événement de la plus haute importance dans l’agenda international.

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Numéro d'édition: 251