A l’horizon 2027, la politique sectorielle des TIA vise, au Burkina, une industrie manufacturière compétitive et créatrice de davantage de richesses et d’emplois décents. (DR)

Développement socioéconomique : La politique sectorielle validée

• Pour des transformations industrielles et artisanales

• Sur l’un des 14 secteurs de planification du PNDES

• En faveur de la croissance durable et des emplois

 

«A l’horizon 2027, le Burkina Faso dispose d’un secteur secondaire dynamique et moderne, soutenu par un tissu industriel et artisanal porteur de croissance durable et d’emplois». Telle est la vision sur laquelle est fondée la politique sectorielle appelée «TIA» ; pour signifier «Transformations industrielles et artisanales». Le document de cette politique sectorielle a été adopté en Conseil des ministres le 4 avril 2018.
Pilotée par le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat (MCIA), qui en est le chef de file, la politique sectorielle des TIA implique également le ministère de l’Energie (ME), le ministère des Mines et Carrières (MMC) et le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT). Elle couvre ainsi les trois axes du Plan national de développement économique et social (PNDES), qui concernent «les réformes institutionnelles», «le développement du capital humain» et «la dynamisation des secteurs porteurs pour l’économie».
C’est d’ailleurs conformément aux exigences de la mise en œuvre du PNDES que cette politique sectorielle a été élaborée.
En effet, par le PNDES, le gouvernement a opté pour une approche fondée sur les «secteurs de planification». En novembre 2016, un rapport relatif à la définition de ces secteurs a été adopté. Ce rapport consacre 14 secteurs de planification qui doivent faire l’objet, chacun, d’une politique sectorielle. La politique sectorielle des TIA est destinée spécifiquement au secteur des transformations industrielles et artisanales.
Elle est calée sur la période décennale 2018-2027. Sous l’impulsion et le suivi du MCIA, les quatre ministères concernés conduiront et conjugueront leurs actions pour répondre à la vision et aux principes décrits par cette politique. L’objectif global est de rendre le secteur industriel et artisanal compétitif, créateur de forte valeur ajoutée et d’emplois décents. Les impacts ainsi attendus de sa mise en œuvre, à l’horizon 2027, tablent sur «une industrie manufacturière compétitive et créatrice de davantage de richesses et d’emplois décents», «un accroissement de la contribution de l’industrie minière à l’économie nationale», «un accès à des services énergétiques de qualité et une efficacité énergétique garantie», «un sous-secteur de l’artisanat dynamique et davantage créateur de richesses, d’emplois et d’exportations», «un environnement d’affaires plus incitatif et un secteur privé renforcé dans ses capacités d’initiative et de gestion». Ces impacts se traduiront par l’augmentation de la part de l’industrie manufacturière dans le PIB de 6,6 % en 2016 à 15% en 2027. Elle est censée favoriser l’accroissement de la part des produits manufacturés dans les exportations de biens de 10,6% en 2014 à 25% en 2027. Pour ce qui concerne la part des industries extractives dans le PIB, elle devrait connaitre une augmentation de 8,3% en 2016 à 12% en 2027. Côté couverture électrique nationale, on devrait passer de 33,55% en 2016 à 80% en 2027. Le taux national d’électrification devrait augmenter de 20,07% en 2016 à 60% en 2027. Le taux de la productivité moyenne de l’artisanat devrait croitre à 30% en 2027. Le classement Doing Business du Burkina Faso devrait également être amélioré en permettant de passer de la 143e place en 2016 à la 125e place mondiale à l’horizon 2027.
La politique sectorielle des TIA s’articule autour de quatre axes stratégiques.
Sa mise en œuvre se fera à travers les plans d’actions ministérielles, la matrice des réformes et des investissements structurants, les stratégies thématiques et les plans annuels de travail. Son financement sera assuré par le budget de l’Etat, les Partenaires techniques et financiers (PTF) et le secteur privé.

Karim GADIAGA


Relever les défis du développement socioéconomique

Malgré les progrès réalisés dans la mise en œuvre des programmes de développement, il demeure des insuffisances qui sont, entre autres, le coût élevé des facteurs de production, la faible diversification de la production industrielle, la faiblesse de la compétitivité des entreprises industrielles et le faible niveau de transformation des produits locaux.
En vue de faire face à ces contraintes, les défis majeurs à relever se résument en «l’accroissement du niveau de transformation des matières premières locales», «l’accroissement des retombées de l’exploitation des substances minérales pour un développement durable»,  «le renforcement de l’accessibilité aux services énergétiques de qualité et la promotion de l’efficacité énergétique», «l’accroissement de la productivité de l’artisanat» et «le renforcement du cadre institutionnel et juridique du secteur».

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Numéro d'édition: 248