Prix de parking : L’anarchie à Ouagadougou

• Une facturation allant de 25 à 500 F CFA

• Des usagers exaspérés et plaintifs

• Des autorités aux abonnés absents

 

Selon l’Arrêté 2015-033 CO/M/CAB/DAJC du 13 mars 2015 portant fixation des tarifs de parking, le prix des parkings devaient varier entre 25 à 500 FCFA (voir encadré) par types d’engins. Ainsi, cet Arrêté a permis de repartir les parkings en cinq groupes que sont: ceux du secteur social ; de l’administration publique, des yaars et marchés, des diverses manifestations spontanées et les parkings contractuels, et ceux de longue durée.
4 années après l’adoption de cet Arrêté, le constat est tout autre sur le terrain : c’est l’anarchie dans le secteur. Plusieurs gérants de parkings ne respectent pas les tarifs fixés, et cela cause souvent des désagréments aux usagers, des altercations entre usagers et gérants, et suscite des plaintes. Si quelques gérants de parkings respectent ces tarifs, cela n’est pas le cas dans la majorité des cas. Et ce non-respect est plus critique dans les lieux dits sociaux tels que les hôpitaux, les pharmacies et les établissements scolaires et universitaires.
En effet, si au parking de l’Université Ouaga I-Professeur Joseph Ki Zerbo (UO I-Prof. JKZ), les prix sont à 50 FCFA pour les motos et 25 FCFA pour les vélos ; en ce qui concerne les parkings du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, de la pharmacie de l’hôpital, de l’hôpital Saint Camille, de la pharmacie Peelga et de bien d’autres, les prix sont à 100 FCFA pour les motos. Ces prix sont ainsi hors de la norme établie par l’Arrêté.
Ces prix élevés devant ces lieux laissent croire à certains usagers qu’un contrôle n’est pas fait de la part des autorités en charge de régulation du secteur, pour le bien de tous. Martin Kaboré, un usager, déplore le fait que le prix soit passé du simple au double, et sans aucune amélioration de la protection des engins.
Et, pire, explique-t-il, il y a certains parkings qui donnent des bouts de papier sans aucune notification exacte : pas de nom, ni de numéro ; souvent pas même de cachet. «Je refuse d’accepter que devant un hôpital ou une pharmacie, le parking soit à 100 FCFA, et que rien ne soit fait pour changer cette situation. Cela me laisse croire qu’il y a du mouta-mouta, ou quelque chose qui ne dit pas son nom. Sinon, la loi devrait être appliquée. Vous voyez, à l’hôpital Yalgado, j’ai déjà été victime de cette pratique, car j’ai donné 500 FCFA et le gérant du parking y a retranché 100 FCFA au lieu de 50 FCFA.
Quand j’ai essayé de parler, il m’a dit d’aller me plaindre où je veux», a-t-il confié. Un autre usager, Bienvenue Balima, nous explique qu’il a déjà payé 300 FCFA devant le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), alors qu’il n’y avait aucune manifestation spéciale.
Une situation qu’il qualifie de désengagement de l’autorité compétente. «C’est inadmissible que des règles et lois existent en la matière, et que rien ne soit fait sur le terrain», a-t-il souligné.
Pour certains gérants de parkings, comme Didier Sawadogo dont le parking est situé devant le siège de la société de téléphonie mobile Télécel, l’augmentation des prix des parkings est due aux frais connexes qu’ils paient au niveau de la mairie et des services des impôts. En effet, selon lui, il paie aux impôts à 72 mille FCFA, plus les frais d’occupation de l’espace public à 54 mille FCFA par an et 35 mille FCFA au propriétaire du parking par mois ; sans oublier ses aides qui sont rémunérés par jour. «Avec toutes ces dépenses, si le parking n’est pas à 100 FCFA, il serait difficile pour nous de nous en sortir», a-t-il laissé entendre.
Un autre gérant, Bouba Ouédraogo, d’ajouter que si les taxes ne sont pas réglées, les autorités chargées de la question peuvent venir prendre un engin dans le parking en guise de confiscation. Il faut que les usagers comprennent qu’il y a des parkings qui ne sont pas reconnus, car certains exercent ce métier sans agrément. «Il y a des gens qui profitent seulement des manifestations pour faire du parking. Dans ce cas, ils fixent les prix comme bon leur semble ; sans tenir compte des réalités du domaine», a déploré Issouf Simporé, parkeur au marché Rood-Woko.
En ce qui concerne l’absence de contrôle dans le secteur, toutes nos tentatives auprès des autorités communales pour comprendre la situation sont restées sans suite.

Mariam CONGO (Stagiaire)


Selon l’Arrêté 2015-033 CO/M/CAB/DAJC du 13 mars 2015, tous les parkings devaient se conformer aux prix qui suivent sur l’ensemble du territoire communal, selon les différents groupes.

Dans les auto-gares, les parkings à longue durée pratiquent, au-delà d’un jour, des prix entre 100 et 200 FCFA par jour.


La réalité sur le terrain

Les différents tarifs appliqués par certains parkings de la ville de Ouagadougou, selon le relevé de L’Economiste du Faso.

 

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Numéro d'édition: 242