Le Dr Sidi Ould Tah, DG de la BADEA, accompagné de certains de ses collaborateurs, a effectué une visite de travail au Burkina du 17 au 20 janvier 2018. Au cours de cette visite, il a échangé avec les différentes composantes socio-économiques dont le secteur privé. (DR)

Financement du secteur privé : La BADEA présente ses opportunités

• Le DG de l’institution fait le point à Ouagadougou

• Une ligne de crédits pour les projets

• Et pour les importations de produits arabes

 

Une enveloppe de 450 millions de Dollars US. C’est le montant que la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) a mis en place dans le cadre de son programme quinquennal 2015- 2019 destiné au secteur privé en Afrique subsaharienne. Cette enveloppe est précisément prévue pour financer des projets du secteur privé dans divers domaines, mais également pour accompagner les opérations de commerce extérieur en Afrique. Il s’agit notamment du commerce extérieur qui vise l’importation en Afrique de produits en provenance des pays arabes.
A l’occasion de la visite de travail qu’il a effectué au Burkina du 17 au 20 janvier dernier, Sidi Ould Tah, DG de la BADEA, et ses collaborateurs ont rencontré les acteurs du secteur privé pour leur présenter le programme et expliquer les mécanismes par lesquels il est administré. La rencontre à laquelle de nombreux hommes d’affaires et spécialistes des questions de la finance au niveau national ont pris part a eu lieu le 18 janvier au siège la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina (CCI-BF).
La BADEA est une banque institutionnelle internationale chargée de traduire la solidarité et la coopération du monde arabe en direction de l’Afrique subsaharienne. Depuis sa création, il y a 40 ans, elle a contribué au développement de nombreux projets initiés au niveau public sur le continent, dans divers domaines.
Et au-delà de son engagement à accompagner les programmes gouvernementaux de développement, notamment dans le domaine des infrastructures, la BADEA a résolument inscrit depuis quelques années l’accompagnement du secteur privé africain de son agenda.
Ce, en raison des besoins de financements qui sont exprimés par ce secteur désireux de s’élargir et d’être plus performant, mais aussi à cause des opportunités d’investissements qui existent dans les pays africains où les taux de croissance sont parmi les plus élevés. Des taux de croissance induits justement par le secteur privé en tant que principal moteur.
Le financement des projets du secteur privé couvre des entreprises de toute nature. Il s’agit notamment des entreprises entièrement africaines, des entreprises arabes et des entreprises mixtes. La priorité est accordée à l’industrie, à la santé, à l’agriculture, à l’éducation, au transport, à l’énergie et autres.
C’est à travers des lignes de crédits créées dans les banques commerciales nationales et sous-régionales ou encore à travers les fonds spéciaux créés au sein des Etats et des organisations sous-régionales que la BADEA rend disponible ses financements.
Ainsi, depuis la mise en place du programme destiné au secteur privé, à partir de 2015, des banques comme Coris Bank et Ecobank, établies au Burkina, ont pu bénéficier des fonds de la BADEA dans le but de les allouer sous forme de crédits aux entreprises qui en font la demande. Des fonds comme le FAIJ et le FAPE, créés pour financer des activités spécifiques au Burkina, ont également bénéficié des crédits de la BADEA.
Du côté de la BADEA, on affirme que les fonds sont alloués suivant des taux d’intérêts «très intéressants» aux banques et organismes de financements bénéficiaires. Cette situation devrait offrir plus de flexibilité au moment d’accorder des crédits aux entreprises. Toutefois, c’est à chaque structure de financement d’établir ses conditions en fonction du dossier du demandeur.
Pour ce qui concerne le volet commerce extérieur des pays d’Afrique subsaharienne, par lequel la BADEA vise à favoriser l’arrivée de produits d’origine arabe en Afrique, le financement peut couvrir 100% de l’opération. Ce financement concerne à la fois l’acquisition des produits, les opérations portuaires et autres. Sont concernés les produits qui peuvent avoir un impact sur les conditions de vie des populations destinataires, mais aussi sur le développement économique du pays. C’est une enveloppe annuelle allant de 150 à 250 millions de Dollars US qui a été destinée au financement des importations des pays africains en provenance des pays arabes.

Karim GADIAGA


Des crédits spécifiques et des taux d’intérêts abordables

Devant le DG de la BADEA et son staff, les nombreuses interventions des acteurs du secteur privé local ont d’abord tablé sur le souhait que l’institution puisse s’intéresser à des secteurs spécifiques comme la construction de logements, la technologie et l’élevage. Ils ont également souhaité des guichets spécifiques pour la femme afin d’encourager et de promouvoir l’entrepreneuriat féminin. L’autre volet des préoccupations exprimées concerne les conditions d’accès aux financements mis en place par l’institution. Il y a d’abord l’accompagnement dans le montage des dossiers qui permettent d’accéder à ces financements et ensuite les conditions liées aux taux d’intérêts. Les entrepreneurs ont clairement demandé des taux d’intérêts qui ne soient pas «suicidaires», mais des conditions abordables.

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Numéro d'édition: 236