Entreprises : Les 3 géants du pavillon burkinabè

• Le Burkina à la conquête de l’Afrique

• Coris, Planor et Ebomaf

• Banque, téléphonie et BTP

 

Ces dernières années, les entreprises burkinabè montrent un regain d’intérêt pour le marché africain, particulièrement dans la sous-région. Après avoir consolidé leurs positions dans leurs secteurs respectifs au niveau national, elles s’essaient à l’international. C’est le signe que le pays dispose d’hommes et d’expertise nécessaires pour jouer dans la cour des grands ; pour peu que ces entreprises soient bien accompagnées. Car dans cette aventure africaine, en quête de croissance et de parts de marchés, ce sont des porte-drapeaux de l’économie burkinabè. Pour 2017, L’Economiste du Faso a retenu pour vous les patrons les plus en vue du moment. Ils sont actifs dans les banques, les assurances, les BTP et dans la téléphonie mobile.

Idrissa Nassa, le banquier
sans frontières
Il est président de Coris Holding SA et, aujourd’hui, le banquier burkinabè le plus en vue avec Coris Bank International. La dernière polémique sur l’accord signé entre le groupe et l’Etat pour abriter le siège de la Holding au Faso a été l’occasion de savoir que le groupe est courtisé par d’autres pays.
C’est le fruit d’un travail méthodique et rigoureux. Habitué aux filiales de grands groupes internationaux, les Burkinabè ont fait la connaissance de ce prodige de la finance lorsqu’il lança en 2008 Coris Bank International, détenue en majorité par des capitaux burkinabè. Dans cet univers très concurrentiel, le bourgeon du secteur bancaire se montrera très agressif et ingénieux.
Coris Bank International est aujourd’hui présent au Togo, en Côte d’Ivoire et au Mali. Au bout de quelques années seulement, son réseau d’agences est l’un des plus denses du pays ; affichant clairement l’engagement de son fondateur à mettre en œuvre un groupe bancaire et financier burkinabè à dimension internationale, orienté vers les PME/PMI.
Il compte aujourd’hui 4 filiales bancaires, une filiale d’assurances, une filiale de gestion boursière, une filiale de gestion d’actifs et une filiale d’investissement et de conseil. La dernière notation de l’agence de Wara (voir L’Economiste du Faso du 25 décembre 2017) qui a assigné la note BBB avec perspective stable à Coris Holding SA repose, entre autres, sur cette force de pénétration du groupe : «Une stratégie de diversification géographique bien pensée qui lui confère aujourd’hui une place importante dans la sous-région UEMOA et lui permet d’être moins dépendante de son marché domestique». C’est notre banquier de l’année !

Apollinaire Compaoré,
monsieur Télécom
Ce monsieur est un touche-à-tout. Parti du commerce général, il se retrouve aujourd’hui à la tête d’un véritable empire coiffé par Planor Afrique SA qu’il a créé en 2004. Un groupe aux activités très diversifiées qui vont de la distribution de produits pétroliers à l’hôtelière en passant par le transport ferroviaire, l’assurance et aujourd’hui la banque. Il vient d’obtenir une licence pour Wend Kuni Bank. Mais la téléphonie mobile est en train d’être le cœur de ce groupe.
Le propriétaire de Télécel Burkina, première compagnie détenue par un privé burkinabè, fait figure d’anciens parmi nos trois élus. Mais, ses ambitions sont intactes en matière de développement à l’international. Actionnaire jadis de Moov Côte d’Ivoire, l’homme vient de déployer son réseau au Mali avec l’obtention d’une licence de téléphonie mobile gérée par sa filiale Atel. Discret, 2018 pourrait être une année de consécration pour cet homme dont le nom est cité comme candidat au poste de patron des patrons du Burkina.

Mahamadou Bonkoungou,
le bâtisseur hors normes
Il est devenu au fil des ans un des poids lourds du BTP burkinabè. Depuis 1989, son groupe Ebomaf n’a cessé d’afficher à son tableau de chasse des réalisations d’envergure, renforçant ainsi sa crédibilité et son expertise au niveau des marchés publics. Sa dernière conquête est la Côte d’Ivoire où depuis 2015 Ebomaf multiplie les contrats. Le dernier en date est celui de la réhabilitation de l’aéroport de San Pedro dont les travaux ont été lancés en septembre 2017. Un marché de plus de 10 milliards de FCFA qui consiste à aménager une piste d’atterrissage pouvant supporter des avions de plus de 30 tonnes, contrairement à l’ancienne supportant un trafic d’engins de moins de 20 tonnes.
L’année 2005 marque un peu le grand saut vers l’international pour Ebomaf, notamment dans les pays voisins. Dans l’ordre, il conquiert peu à peu le Togo. C’était en 2007, avec des marchés tests comme la construction d’importants ponts dans la région des Savanes que son emprise s’est prononcée. en 2010, l’homme de Dédougou fera véritablement ses classes à l’international avec l’aménagement et le bitumage de la route Dapaong-Ponio-frontière du Burkina, un tronçon de 38 km financé par la BID.
Entre-temps, l’homme a dû déposer ses bagages au Bénin et récemment en Guinée. Une réputation bâtie sur le sérieux de son équipe et la qualité de ses réalisations. Mais pour le fondateur d’Ebomaf, l’aventure n’est pas prête de s’arrêter, puisque l’homme d’affaires vient d’ajouter à son escarcelle de métier la banque, en acquérant l’actionnariat majoritaire de la Banque de l’habitat du Burkina (BHBF), à l’avant dernier trimestre de 2017. Ebomaf affiche aujourd’hui 565 salariés et près de 3.160 emplois directs.

FW

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Numéro d'édition: 234