Barrage de Samandéni : Le cadre de concertations dénonce des risques d’affrontements

• Appel au calme

• Des frondeurs «venus de nulle part»

• Une population «manipulée»

 

Le cadre de concertations des personnes affectées par le barrage de Samandéni a tenu une conférence de presse le jeudi 21 décembre 2017 à Bobo-Dioulasso. L’objet de cette sortie médiatique est de prendre à témoin l’opinion nationale sur «le danger» qui menace la cohésion de la population concernée par les travaux.
C’est une délégation composée des 48 membres du bureau du cadre de concertations qui a rencontré la presse le 21 décembre 2017 à Bobo-Dioulasso. Selon son président, Aboubacar Siriki Ouattara, il s’agissait d’attirer l’attention de l’opinion sur la situation jugée peu reluisante ces derniers temps. Notamment, les manifestations organisées par des «frondeurs» qui confestent un aspect des indemnisations.
Cette conférence de presse intervient au lendemain de manifestations organisées par des  «frondeurs». La veille, ces derniers avaient empêché la venue d’une caravane de presse organisée par le Projet de développement intégré du barrage de Samandéni (PDIS), en barricadant deux routes. Selon Aboubacar Ouattara,  un manifestant qui a vu son engin brûlé à la suite de cette manifestation s’est avéré être un habitant de Koundimi, un village n’ayant rien à voir avec la cuvette du barrage.
Selon le cadre de concertations, ce sont «plus de 17 milliards de FCFA qui ont été injectés dans la zone». On a donc assisté à une série d’indemnisations au profit des ménages affectés.
«Dans la cuvette du barrage de Samandéni, il y avait 58.000 ménages, selon le premier recensement. Toute forme d’indemnisations est sous-tendue par un document de paiement appelé protocole d’entente. Certains protocoles comme ceux des maisons et du transport ont bénéficié à tous les ménages». Le problème qui se pose ici, c’est le protocole des terres dont les indemnisations ne prennent pas en compte tous les 58.000 ménages, mais uniquement les ménages disposant de terres impactées par la cuvette. «Alors, si quelqu’un amène son protocole de maison pour prétendre à des indemnités liées à la terre, pendant qu’il n’a pas de terre touchée par la cuvette, on fait comment?», s’est interrogé le président du cadre de concertations, Aboubacar Siriki Ouattara. A ce propos, les autorités coutumières et les représentants des CVD des 12 villages affectés par la cuvette ont reconnu que l’effectivité de la prise en charge ne devait concerner que «la population réellement concernée». Et Aboubacar Ouattara de crier à la manipulation pure et simple orchestrée par des officines politiques. Il a aussi démenti les accusations selon lesquelles il travaillerait à désunir les différentes communautés de la zone. «La personne qui a prétendu cela ne connait rien de chez nous. D’ailleurs, elle habite un village situé à plus de 65 kilomètres de la cuvette». Pour couper court à toutes ces «accusations sans fondement», il a affirmé qu’une personne qui divise n’est pas en mesure d’unir 12 villages différents qui comptent en leur sein plusieurs communautés religieuses et ethniques, et des citoyens de bords politiques tout aussi divers.
Avant cette rencontre avec les hommes de médias, le cadre de concertations s’est d’abord confié au chef de canton de Bobo-Dioulasso, Siriki Sanou, qui l’a conforté dans sa position d’apaisement.

Jossira A SANOU

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Numéro d'édition: 234