Budget 2018 : Les recettes fixées à 2.006 milliards de FCFA

• Le gouvernement prudent pour 2018

• Le budget 2017 malmené par les grèves et le terrorisme

• La loi devant les députés à la rentrée

 

Le gouvernement a adopté le projet de budget 2018 au cours de la session du Conseil des ministres du 20 septembre 2017. En attendant son adoption par l’Assemblée nationale, les grandes masses de ce budget se présentent comme suit : les prévisions de recettes se chiffrent à 2.006,41 milliards de FCFA et celles des dépenses à 2.429,80 milliards de FCFA. Il se dégage ainsi un déficit budgétaire de 423,40 milliards de FCFA. Le présent projet de budget est le deuxième préparé et adopté dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES) par le gouvernement du Premier ministre Paul Kaba Thiéba.
Arrivé en janvier 2016, ce gouvernement a hérité d’un budget adopté quelques jours avant par le Conseil national de la transition. Dès le mois d’avril 2016, le gouvernement introduit une loi de finances rectificative pour prendre en compte les engagements contenus dans le programme présidentiel et les nouveaux besoins tels que la lutte contre le terrorisme, les revendications salariales, le règlement de la dette intérieure, etc. Une seconde loi de finances, adoptée en juillet 2016, a permis de mieux prendre en compte tous ces nouveaux besoins.

Dans le projet de budget 2018, les prévisions de recettes de 2.006,41 milliards de FCFA restent sensiblement les mêmes que celles contenues dans le budget 2017.

L’élaboration du budget 2017, intervenu pendant l’exécution du budget 2016, a fixé les prévisions de recettes à 2.036,301 milliards de FCFA, les dépenses à 2.455,193 milliards de FCFA, avec un déficit budgétaire de 418.891 milliards de FCFA.
Après quelques mois d’exécution, une loi de finances rectificative a été adoptée par l’Assemblée nationale en mai 2017, pour fixer les recettes à 2.036,30 milliards de FCFA et les dépenses à 2.455,193 milliards de FCFA. Comme on le constate, les chiffres n’ont pas bougé. Il s’agissait dans cette loi de finances de faire des réajustements internes pour tenir compte de la configuration du remaniement gouvernemental de février 2017.

Que retenir du budget 2018 ?
Sur la base des grandes masses, 2 observations se dégagent.
Les prévisions de recettes de 2.006,41 milliards de FCFA restent sensiblement les mêmes que celles contenues dans le budget 2017. C’est dire que l’évaluation faite à mi-parcours d’exécution du budget 2017 a conduit le gouvernement à la prudence dans l’augmentation des recettes. En effet, l’exécution du budget 2017 a été confrontée à 2 chocs internes. Il s’agit des mouvements sociaux marqués par les grèves et sit-in des agents publics qui ont conduit à des bouclages dans le fonctionnement des administrations.
Les grèves des agents des impôts, du trésor et des finances ont eu un impact négatif sur la mobilisation des recettes, sur la passation des marchés publics, sur les délais de paiement des factures des prestataires de l’Etat, sur le niveau de consommation des recettes, etc. Ne pouvant pas prévoir ce que sera l’année 2018, le gouvernement a opté pour la prudence, dans la mesure où cette prévision cadre avec la programmation inscrite au budget-programme. Réaliser un taux de recouvrement de 100% sur la base de cette prévision serait une bonne chose. Le second choc interne qui a impacté l’exécution du budget 2017 est d’aspect sécuritaire. Les actes terroristes à répétition ont contribué à ralentir l’économie nationale, mais aussi sous-régionale.
Le budget 2018 devrait donc permettre de poursuivre la mise en œuvre de mesures dans le domaine social comme la gratuité des soins en faveur des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et la normalisation des écoles sous paillotes. Dans le domaine des infrastructures, la construction et l’entretien des routes sont très attendus.

Elie KABORE


85,73% de réalisation du budget 2016

En attendant de la transmettre à l’Assemblée nationale, le gouvernement a adopté la loi de règlement 2016. L’adoption de la loi de règlement marque le dernier acte qui clos le budget d’une année précise. On retiendra que, d’une manière générale, l’exécution du budget 2016 s’est passée dans un contexte difficile. Malgré tout, le projet de loi de règlement adopté par le gouvernement indique que les recettes définitives au 31 décembre 2016 se chiffrent à 1.667,680 milliards de FCFA, pour des prévisions de 1.945,212 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation de 85,73%.
Quant aux dépenses définitives, elles s’élèvent 1.746,839 milliards de FCFA, pour des dotations de 1.945,212 milliards de FCFA, soit un taux d’exécution de 89,80%. L’exécution de ce budget laisse apparaitre un déficit de 79,159 milliards de FCFA.

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Numéro d'édition: 221