Qualité des politiques et des institutions : Les notes de la CPIA en baisse

• Une première depuis 10 ans

• 3,1 points en 2016 pour l’Afrique

• Le Rwanda toujours en tête du classement

 

C’est une première depuis 10 ans. La moyenne des notes de la CPIA pour les pays d’Afrique subsaharienne -admissibles aux crédits de l’IDA- a baissé. Selon le rapport sur l’Evaluation des politiques et des institutions en Afrique, publié le 24 juillet dernier, la note de la région est de 3,1 points en 2016.
Parmi les bons élèves, c’est le Rwanda qui demeure en tête du classement régional avec une note de 4 points. Le Sénégal et le Kenya – qui obtiennent tous deux une note de 3,8 points – faisaient également partie des pays de la région les mieux classés. Le nombre de pays ayant une performance relativement faible – c’est-à-dire avec des notes égales ou inférieures à 3,2 points– a progressé, de telle sorte que ces derniers représentent désormais plus de la moitié des pays de la région.
La baisse la plus marquée de la note globale de la CPIA a concerné le Mozambique et le Soudan du Sud, avec une diminution de 0,3 point. S’agissant du Mozambique, ce déclin reflète la crise économique ayant cours dans le pays à la suite de la découverte, en 2016, de dettes cachées. Concernant le Soudan du Sud, la détérioration de sa note témoigne de l’érosion à grande échelle de la qualité des politiques et des institutions en raison des conflits et de l’instabilité politique. Les deux pays ont connu un déclin cumulatif de leur note de 0,5 point depuis 2012.
D’autres pays ont connu un glissement moins marqué de la qualité des politiques et des institutions : le Bénin, le Burundi, la République centrafricaine, le Tchad, le Cap-Vert, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Ghana, le Niger, le Nigeria, la Sierra Leone et l’Ouganda ont tous enregistré une baisse de 0,1 point de leur note CPIA. Dans certains cas, ce glissement reflète un affaiblissement continu du cadre politique (Burundi, Cap-Vert et Nigeria).
Les pays ayant connu une amélioration de la qualité des politiques et des institutions n’ont toutefois obtenu qu’une augmentation modeste de leur note CPIA globale. Les gains ont été plafonnés à 0,1 point dans les sept pays entrant dans cette catégorie: la Côte d’Ivoire, les Comores, le Cameroun, la Guinée, Madagascar, la Mauritanie et le Soudan. Tous ces pays, à l’exception de l’un d’entre eux, ont enregistré une amélioration de la performance de la qualité de la gouvernance, en particulier de la qualité de la gestion budgétaire et financière. Dans quelques pays, la qualité des politiques de lutte contre l’exclusion sociale et de promotion de l’équité s’est également améliorée. La note la plus élevée, obtenue par les Comores et la Guinée, marque des gains pour la deuxième année consécutive. Quelques pays ont connu des améliorations tangibles dans un ou plusieurs domaines politiques de la CPIA qui ne se sont pas traduites par une augmentation de la note globale du pays (Burkina Faso, Tanzanie et Togo). Pour d’autres, une amélioration dans un domaine politique a été annulée par une baisse dans un autre (Sénégal et Éthiopie).

Variation des composantes de la CPIA
Le rapport CPIA 2016 a aussi noté des variations «significatives» des composantes de la CPIA. Selon la Banque mondiale, les conditions économiques défavorables ont continué à frapper les pays de la région, exacerbant les vulnérabilités macroéconomiques. «Avec la poursuite de l’érosion des réserves de la politique macroéconomique, la latitude des politiques monétaires et de change visant à atténuer les effets des chocs sur l’activité économique s’est trouvée limitée. Un environnement politique plus complexe a eu pour effet de réduire la qualité de la gestion économique à une note moyenne de 3,2 points. Cela reflète une tendance persistante ces dernières années (2014-2016) qui est celle de l’affaiblissement de la qualité de la gestion économique», peut-on lire dans le rapport.
Il en ressort des variations de performances au niveau des domaines politiques à savoir : les politiques monétaires et de change, la politique budgétaire et la politique de la dette.
La plus affectée a été la politique budgétaire, avec près d’un quart des pays de la région connaissant une dégradation de cette composante. Dans certains cas, la faiblesse du cadre macroéconomique a été manifeste dans tous les domaines politiques de la gestion économique (République du Congo et Mozambique).

NK


Les notes de la CPIA en bref

Publié chaque année, le rapport de la CPIA sur l’Afrique examine les progrès des pays d’Afrique subsaharienne, destiné à renforcer la qualité de leurs politiques et de leurs institutions. Il attribue une note à chacun des 381 pays admissibles au soutien de l’Association internationale pour le développement (International Development Association – IDA), le guichet de financements concessionnels du groupe de la Banque mondiale. Les notes de la CPIA, qui reflètent la qualité du cadre politique et institutionnel d’un pays, se composent de 16 critères réunis en quatre groupes : gestion économique (groupe A), politiques structurelles (groupe B), politiques de lutte contre l’exclusion sociale et de promotion de l’équité (groupe C) et gestion des institutions du secteur public (groupe D, également désigné comme groupe relatif à la gouvernance). Les notes sont attribuées sur une échelle allant de 1 (faible) à 6 (fort) par le personnel de la Banque mondiale sur la base de données quantitatives et qualitatives. L’évaluation se fonde également sur le jugement du personnel de la Banque mondiale. Les notes de la CPIA sont utilisées pour déterminer la répartition des ressources de l’IDA en faveur des pays les plus pauvres. Les notes de la CPIA servent essentiellement à guider les affectations de ressources de l’IDA aux pays pauvres.

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Numéro d'édition: 217