Capitaine Hervé Yé, directeur de la communication et des relations publiques de la gendarmerie nationale. (DR)

Lutte contre le terrorisme : «Les médias ont un rôle crucial à jouer», Capitaine Yé

Dans le cadre de la journée mondiale de la liberté de la presse, le Centre national de presse Norbert Zongo a organisé une série d’activités parmi lesquelles des panels. Placée sous le thème «Défis sécuritaires: rôle et responsabilités des médias», un thème débattu par plusieurs panelistes, les journalistes ont montré leur intérêt pour le sujet et se félicitent de l’amélioration des liens entre les services de défense et les médias. Le Capitaine Guy Hervé Yé, directeur de la communication et des relations publiques de la gendarmerie nationale et l’un des principaux panelistes, revient ici sur la limite entre l’information et le secret défense.

L’Economiste du Faso: Quel peut être l’apport des médias dans le cadre de lutte contre le terrorisme ?
Capitaine Guy Hervé Yé: Il faut d’abord souligner que dans cette lutte contre le terrorisme, tout le monde doit jouer sa partition. Les médias y ont un rôle crucial à jouer. Dans un premier temps, les médias ont de l’audience. Nous, en tant que forces de défense et de sécurité, nous avons besoin de cette audience pour une sensibilisation efficace des populations. En effet, pour gagner ce combat, il est essentiel que les populations développent des réflexes sécuritaires. Intégrer que dénoncer tout comportement suspect peut sauver sa vie ou celle des autres, y compris de ses proches. Leur faire comprendre qu’elles doivent observer leur environnement, apprendre à lire certains détails qui pourraient être suspects. Cette sensibilisation, pour réussir, a besoin de l’implication des médias.
Ensuite, les journalistes ont une grande facilité d’intégration au niveau des populations. Cela leur permet, à la différence de nous, d’approcher les populations et, par conséquent, d’avoir une quantité d’informations. Nous avons besoin de ces informations. Il doit s’instaurer une collaboration entre journalistes et forces de sécurité. Cela peut permettre de lire certains événements et de déjouer des actions contre nos populations.
Enfin, nous avons besoin des médias pour ne pas inquiéter nos populations et ne pas faire perdurer ce sentiment d’insécurité et contenter les terroristes qui ne recherchent qu’à terroriser les populations.

– Quel type d’informations est classé secret défense et quels peuvent être les impacts de la divulgation de ces informations sur la sécurité nationale?
Il est important déjà que les médias ne considèrent pas que cette classification est juste un épouvantail brandi par les forces armées nationales pour les empêcher de faire leur travail. En effet, cette classification répond à des exigences. Le secret défense est une classification qu’on affecte à un renseignement, une information dont la divulgation peut compromettre les intérêts stratégiques d’un pays.
Cela peut concerner l’économie, l’énergie, la science, l’agriculture, la santé et la défense nationale. Ensuite, on peut parler du secret militaire ou celui des opérations. Ce sont des informations dont la divulgation peut compromettre la réussite d’une opération. Dire qu’une troupe ou une unité se situe dans une zone donnée peut modifier les intentions de l’ennemi et mettre les éléments ou les populations civiles en danger.

Entretien réalisé par Germaine BIRBA

 

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Numéro d'édition: 205