1er mai 2017 : Les syndicats pour une augmentation des salaires de 25%

• Relèvement souhaité du SMIG à 50.000 FCFA

• Des suites judiciaires aux audits sous le régime Compaoré

• L’UAS se sent trahi par les autorités de la transition et par le MPP

 

Ce 1er mai 2017, les syndicats du Burkina Faso ont sacrifié à la tradition en organisant une marche au cours de laquelle le cahier des doléances 2017 a été remis au ministre de la Fonction publique. Composé de 41 points, ce cahier des doléances est assorti d’une plateforme minimale de 13 points.
On y lit qu’ils revendiquent, entre autres, le relèvement du SMIG à 50.000 FCFA, l’augmentation des salaires et pensions de 25% pour tous les travailleurs pour compter de janvier 2017, la suppression de la TVA sur les prêts bancaires contractés par les travailleurs, l’audit des opérations de lotissement avec à la clé le jugement des auteurs de pillage du foncier et le retrait des parcelles spoliées et leur réattribution aux victimes (Lire tableau). Ils se sont par la suite retrouvés à la bourse du travail pour un meeting au cours duquel le message du 1er mai 2017 a été lu et où ils se sont appesantis sur la situation nationale. Elle reste marquée selon eux par l’approfondissement de la crise sociopolitique que connaît le pays. Mais force est de constater que l’aspiration à un changement radical a été trahie par les autorités de la transition et par les «nouveaux anciens dirigeants» du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et leurs alliés, constatent-ils. «La déception des populations touche essentiellement à l’impunité dont continuent de bénéficier les auteurs de crimes de sang et de crimes économiques, à la vie chère, à la sécurité, à la gouvernance et à la mise en œuvre des engagements», s’offusque l’UAS.
L’année 2016 et le début de l’année 2017 sont marqués par de multiples luttes des greffiers, des magistrats, des gardes de sécurité pénitentiaire, des informaticiens, des travailleurs des télécommunications, des enseignants, du personnel de santé, des agents des péages, des chauffeurs routiers, des agents des finances, des collectivités territoriales, des impôts, des encadreurs pédagogiques, du Trésor, etc.
L’UAS justifie ces luttes par la réalité des préoccupations soulevées, l’esprit de l’insurrection parce que «plus rien ne sera comme avant» et les nombreux engagements non tenus par les autorités, depuis le pouvoir Compaoré.
L’UAS a relevé la situation difficile et inique que vivent les travailleurs du privé en ce 1er mai 2017. Une situation marquée par la récurrence des atteintes à la liberté syndicale, la prise en otage de la commission mixte paritaire de négociations salariales du secteur privé par le patronat. Pour mémoire, les dernières augmentations opérées dans le privé datent de 2012. Enfin, les travailleurs du privé subissent selon l’UAS l’exploitation à outrance par le patronat des dispositions anti-travailleurs du Code du Travail (renouvellement indéfini des contrats de travail à durée déterminée, recours aux agences de placement, plafonnement des dommages et intérêts pour licenciement abusif, …).
Face à cette situation d’ensemble, l’UAS compte défendre fermement la liberté syndicale, lutter contre l’impunité et pour la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement tant au niveau national qu’au niveau sectoriel comme la relecture du Code du Travail, de la loi 033, la prise en compte des indemnités et autres accessoires dans le calcul de la pension des fonctionnaires, la réouverture des gares ferroviaires, l’exécution des protocoles d’accord, etc.

Elie KABORE

 


Une gestion approximative de la sécurité

Au plan sécuritaire, l’UAS constate qu’on on a assisté à une gestion approximative, sinon à des tâtonnements dans la gestion, aussi bien concernant le développement du grand banditisme que des attaques terroristes au nord du pays. Certes, l’opération «Panga», menée du 27 mars au 10 avril 2017, a permis de rétablir une certaine sérénité dans le Nord du pays, mais les nombreuses attaques subies auparavant auront révélé les limites de la réactivité de nos forces armées, peut-on lire dans le message de l’UAS.

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Numéro d'édition: 205