Pour le Dr. Samuel Yonkeu, l’étude d’impact environnemental et social est l’outil le plus connu en matière d’évaluation environnementale. Elle s’applique à un projet en cours d’exécution. (DR)

Evaluations environnementales : Une étape clé pour tout projet

• Elles interviennent avant et pendant la mise en œuvre du projet

• Evitent que le projet devienne une source de nuisances

• La finalité est le Plan de gestion environnementale et sociale (PGES)

 

Présent à Ouagadougou pour un séminaire international de formation sur les évaluations environnementales organisé par l’Institut supérieur des technologies appliquées et de management (ISTAPEM) en partenariat avec le Bureau national des évaluations environnementales (BUNEE), Dr. Samuel Yonkeu, le principal formateur, a été interviewé par L’Economiste du Faso. Après avoir défini l’évaluation environnementale, il a énuméré les outils utilisés en la matière.

L’Economiste du Faso : Dans la mise en œuvre des projets, on entend parler d’évaluation environnementale. A quoi cela renvoie-t-il ?

Dr. Samuel Yonkeu : L’évaluation environnementale est un processus qui permet de prendre en compte les considérations de protection du milieu physique et humain dans la réalisation d’un projet. Lorsqu’on veut mettre en œuvre un projet, on anticipe avec l’évaluation environnementale afin de prendre en compte dans la conception du projet l’ensemble des préoccupations liées aux questions du milieu.
Un projet est mis en œuvre pour que la population en profite. L’évaluation environnementale évite que le projet devienne une source de nuisances pour la population, lors de sa réalisation. C’est pour cela qu’il faut anticiper et faire en sorte que l’évaluation permette de comprendre d’une part les préoccupations de ces populations, et d’autre part qu’il prenne en compte toutes ces préoccupations en analysant leurs impacts.
Les impacts peuvent être positifs comme négatifs. On se préoccupera des impacts négatifs pour les réduire et valoriser les impacts positifs.

Combien de types d’évaluation existe-t-il?
Dans la pratique, il y a plusieurs outils pour évaluer la question environnementale. Mais ces outils sont utilisés durant les 2 phases du projet; c’est-à-dire la phase de planification, lorsque le projet est dans sa phase de conception, et celle de l’exécution.
Mais l’outil que l’on connait le plus est l’étude d’impact environnemental et social. Elle est utilisée dans la phase de planification.
Elle est très pratique et quasi-mondiale. L’étude d’impact environnemental et social s’applique à un projet en cours d’exécution, alors que l’on peut anticiper sur les questions environnementales bien avant, lorsqu’on est dans la réflexion politique et stratégique. C’est-à-dire pendant le choix du projet à réaliser pour résoudre un problème.
Par exemple, si le choix porte sur le système de transport, on peut choisir de privilégier les routes, l’aérien, le maritime ou le chemin de fer. En fonction des différentes options, les impacts ne seront pas les mêmes. Pour pouvoir réaliser ce projet, il va falloir tenir compte des potentialités et des contraintes. Ce choix stratégique permet de faire des options, de prendre en compte les impacts et surtout de travailler sur les enjeux. A ce stade, on ne présente pas les détails. Les détails viendront lorsqu’on sera au niveau du projet. Comme le projet est localisé à tel ou tel endroit, il pourrait avoir un impact sur l’eau, le sol, la végétation, sur les femmes, les enfants, etc. Là, on devient plus précis.

Parlez-nous de l’étude d’impact environnemental et social?
L’étude d’impact environnemental et social comporte un certain nombre d’activités comprenant la justification du projet et sa raison d’être, la description du cadre législatif, juridique et institutionnel. Ensuite, on travaille sur la description du projet, la description du milieu d’accueil du projet pour déduire les impacts. Une fois que les impacts sont déduits, il faudra leur attribuer des mesures d’atténuation ou des mesures de compensation. Si on a à faire à des impacts positifs, on prend des mesures de valorisation.
Des mesures d’atténuation ainsi que des mesures de surveillance seront définies et regroupées dans un outil qui est le Plan de gestion environnementale et sociale (PGES). La finalité de l’étude d’impact environnemental est d’arriver à élabore un bon PGES (Lire encadré).

Qui réalise l’étude d’impact environnemental?
La réalisation se fait par un consultant individuel ou un bureau d’étude. Mais le promoteur du projet est le responsable de l’étude qui s’attache les compétences du consultant pour le travail technique. o

 

Interview réalisée par Elie KABORE


Qui est le Dr. Samuel Yonkeu ?

Ttitulaire d’un Doctorat de l’Université de Rennes I en France en Sciences biologiques-Spécialité écologie appliquée, Dr. Samuel Yonkeu est actuellement maître de conférences du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (CAMES).
Il est aussi le président sortant du conseil d’administration du Secrétariat international francophone des évaluations environnementales (SIFEE). Ancien chargé de cours d’aménagement et environnement, d’étude d’impacts sur l’environnement et d’audit environnemental pour les cycles d’ingénieur de 2IE, il est professeur associé aux universités de Québec (Montréal) et Senghor (Alexandrie). Professeur à l’ISIG Burkina actuel Aube Nouvelle, il a été celui qui a mis en place le Master en environnement dans cette université.


Qu’est-ce qu’un PGES?

Le PGES est composé de 4 composantes dont le programme de mise en œuvre des mesures d’atténuation des impacts, le programme de mise en œuvre des mesures de surveillance environnementale qui concerne le respect du cahier des charges et les clauses environnementales qui ont été acceptées par le promoteur.
Il contient également le programme de suivi qui est un exercice scientifique. Il permet de vérifier si les mesures d’atténuation qui ont été mises en œuvre sont efficaces. Il permet aussi de voir si les impacts qu’on avait anticipés se produisent comme on l’avait prévu. On met enfin en place un programme de renforcement des capacités des acteurs de la mise en œuvre.

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Numéro d'édition: 203