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Ce qui s’est passé le 24 mars dernier est trop important pour être passé sous silence. Deux entreprises burkinabè, CFAO Burkina et SAP Olympic, ont signé un accord de partenariat.
La première est leader dans la distribution de motocycles, la seconde reine de la distribution de pneus, justement pour deux roues. Par cet acte, la première décide de prendre ses commandes de pneus chez la seconde, avec pour objectif 20 mille pneus d’ici à 2020.
C’est un clin d’œil à l’expertise locale et au made in Burkina. C’est une reconnaissance venant d’une filiale d’un groupe international qui avait la latitude de s’approvisionner sous d’autres cieux. Et cela montre, si besoin en était, qu’il ne faut pas chercher trop loin la qualité. Les négociations ont certes pris du temps, mais leur concrétisation la semaine dernière tombe vraiment à pic pour les responsables de SAP Olympic et ses travailleurs. Le secteur est miné par la concurrence déloyale de petits importateurs qui ont fait leur niche dans la fraude et proposent des pneus défiant toute concurrence. Voici une très bonne nouvelle car, avec un tel contrat, le carnet de commandes est garanti pendant encore quelques années.
Dans un contexte économique difficile, cet exemple est non seulement à saluer, mais il est aussi à encourager. Bien des entreprises dans plusieurs segments de l’activité économique pourraient faire jouer ce deal gagnant/gagnant entre partenaires privés. Il s’agit de faire jouer les synergies et les intelligences en misant sur la qualité et la compétitivité des services et des produits.
En regardant de près, des entreprises comme Sonaceb, Fasoplast, Winner auraient pu profiter de cette approche. Mais, comme on le dit, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Sap Omympic et CFAO Burkina mettent ainsi incidemment en œuvre le mot d’ordre «Consommons burkinabè»

Abdoulaye TAO

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Numéro d'édition: 201