«Nous entamons l’année 2017 dans un monde extrêmement instable et miné par de graves inquiétudes et incertitudes quant à l’avenir. Dans un tel contexte, les valeurs exprimées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 sont menacées de désintégration». (DR)

Situation des droits humains : 2016, une année de terreur

• Conséquences des conflits et déplacements forcés

• Les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme menacées de désintégration

• Selon le rapport d’Amnesty International

 

«Pour des millions de personnes, 2016 a été une année de souffrances et de terreur, marquée par de multiples atteintes aux droits humains perpétrées par des gouvernements et par des groupes armés». C’est en ces termes que Amnesty International présente la situation des droits humains dans le monde en 2016.
Dans ce rapport 2016-2017, rendu public le 22 février dernier, que ce soit les 5 résumés régionaux ou l’étude au cas par cas de la situation dans 159 pays et territoires, il est question des souffrances de femmes, d’hommes, d’enfants en grand nombre. Ces derniers ayant subi les conséquences des conflits, des déplacements forcés, de la discrimination ou de la répression.
«Des pans entiers de la ville d’Alep, auparavant la plus peuplée de Syrie, ne sont plus que décombres du fait des frappes aériennes et des combats de rue, tandis qu’au Yémen, les civils ont continué d’être la cible de terribles attaques. La situation des Rohingyas au Myanmar s’est encore aggravée, des homicides illégaux ont été perpétrés massivement au Soudan du Sud, les voix dissidentes ont été réprimées sans pitié en Turquie et à Bahreïn, et les discours de haine se sont multipliés dans une grande partie de l’Europe et des États-Unis».
Preuve selon l’ONG que le monde est devenu encore plus sombre et plus instable en 2016.
Et pour appuyer ses dires, Amnesty International s’est penché sur l’un des événements politiques les plus marquants parmi tous les bouleversements enregistrés au cours de l’année, à savoir l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis.

Rendu public le 22 février dernier, le rapport annuel d’Amnesty International est un cri d’alarme à l’échelle de la planète. Des dirigeants du monde entier, comme Donald Trump aux Etats-Unis, sont indexés. Donald Trump s’oriente vers une politique étrangère qui va gravement compromettre la coopération internationale et aboutir à une période de méfiance mutuelle et d’instabilité accrues, selon l’organisation non gouvernementale. (DR)

«Il a été élu à l’issue d’une campagne durant laquelle il a souvent fait des déclarations de nature à semer la discorde, marquées par la misogynie et la xénophobie; il a également annoncé vouloir revenir sur des libertés publiques bien établies et adopter des politiques allant radicalement à l’encontre des droits humains. Les discours nocifs prononcés par Donald Trump au cours de la campagne présidentielle sont le reflet d’une tendance mondiale allant vers des politiques toujours plus agressives et clivantes».
Les premières informations émanant du président élu Donald Trump laissent penser qu’il s’oriente vers une politique étrangère qui va gravement compromettre la coopération internationale et aboutir à une période de méfiance mutuelle et d’instabilité accrues.
Toute chose qui fait dire à l’ONG que «nous entamons l’année 2017 dans un monde extrêmement instable et miné par de graves inquiétudes et incertitudes quant à l’avenir».
Dans un tel contexte, les valeurs exprimées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 sont menacées de désintégration.

Des progrès en matière de sauvegarde des droits humains
Malgré ce tableau noir dressé dans son rapport, Amnesty International montre aussi que dans certains domaines, des progrès significatifs ont été accomplis en matière de protection et de sauvegarde des droits humains. En témoignent les événements qui ont jalonné l’année.
«Il est apparu, partout dans le monde, que lorsque des structures officielles de pouvoir sont utilisées pour exercer une répression, des personnes réussissent d’une manière ou d’une autre à se dresser contre l’oppression et à se faire entendre».
C’est l’exemple en Chine, où malgré des mesures de harcèlement et d’intimidation systématiques, des militants ont trouvé le moyen de commémorer en ligne la répression du mouvement de Tiananmen en 1989.
L’athlète éthiopien Feyisa Lilesa, arrivé deuxième au marathon des Jeux olympiques de Rio, a fait la Une des journaux dans le monde entier en raison du geste qu’il a effectué, en franchissant la ligne d’arrivée, pour attirer l’attention sur la persécution du peuple Oromo par le gouvernement. En Europe, sur les côtes de la Méditerranée, des citoyens ont réagi face à l’inertie des gouvernements et à leur incapacité à protéger les réfugiés en tirant eux-mêmes hors de l’eau des personnes qui étaient en train de se noyer.
Et de même en Afrique, où des mouvements populaires, dont certains étaient encore impensables il y a un an seulement, se sont formés pour dynamiser et porter les revendications en matière de droits et de justice.

NK


Des héros des droits humains

«En ce début d’année 2017, nous vivons dans un monde instable où les craintes pour l’avenir se multiplient. Mais c’est justement en de telles périodes qu’il est nécessaire que s’élèvent des voix courageuses, et que se dressent contre l’injustice et la répression des héros ordinaires. Nul n’est capable de résoudre tous les problèmes du monde, mais nous avons toutes et tous la possibilité de faire changer les choses là où nous vivons. Chacune et chacun d’entre nous peut dénoncer la déshumanisation, agir au niveau local pour défendre la dignité et les droits égaux et inaliénables de tous, et bâtir ainsi les fondations d’un monde de liberté et de justice. L’année 2017 a besoin de héros des droits humains».

Source : Amnesty International

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Numéro d'édition: 195