Remaniement ministériel : «On n’est pas sorti de l’auberge»

• «Un réaménagement technique nécessaire»

• Les syndicats satisfaits du travail de Clément Sawadogo

• Le gouvernement appelé à aller au charbon

 

Au lendemain du remaniement ministériel, les avis divergent. Nous avons recueilli les sentiments du président de la Société des éditeurs de la presse privée (SEP), Boureima Ouédraogo, ceux du président de l’UNIR/PS et premier vice –président de l’Assemblée nationale, de l’honorable député du MPP, Jacob Ouédraogo, et du président du mois des Centrales syndicales, Paul Kaboré.

Boureima Ouédraogo (président de la SEP): On assiste à un réajustement. On a comme l’impression que ce réajustement a été fait juste pour que le président du Faso délaisse le portefeuille de la Défense et que l’on scinde le ministère de la Sécurité et de l’Administration territoriale en deux.
On a juste pris les mêmes, et on continue. Dans le fond, je ne sais pas si c’est un changement d’hommes qu’il faut. A mon sens, il faut complètement un changement de politique et de comportement.
On attend plutôt une politique gouvernementale appropriée. On attend que le gouvernement apporte des réponses concrètes aux préoccupations des Burkinabè, notamment en matière de sécurité, en matière d’amélioration de leurs conditions de vie.
Ces populations attendent aussi des réponses contre cette mal-gouvernance que nous trainons depuis un quart de siècle. Malheureusement, jusque-là, on ne voit rien dans ce sens.
C’est pourquoi je crois que ce n’est pas le déplacement de quelques individus qui va changer la situation. Je persiste à croire que le tout n’est pas une affaire de remaniement. Ce gouvernement a annoncé le PNDES à grand renfort, mais dans les pratiques quotidiennes, chaque jour apporte son lot de scandales dans la gestion des affaires publiques. Chaque jour apporte son lot de décisions qui devraient être prises et qui ne sont pas prises, chaque jour apporte son lot de tâtonnement et de louvoiement. On peut changer toute l’équipe gouvernementale, mais si on n’a pas changé de pratiques, je ne crois pas qu’on puisse sortir de l’auberge.

Me Bénéwendé Stanislas Sankara (président de l’UNIR/PS, vice –président de l’Assemblée nationale): C’est un réaménagement technique nécessaire qui répond à une préoccupation que l’opposition politique avait soulevée, à savoir donner un ministère plein à la Sécurité. Cela est fait. Il y a également le portefeuille de la Défense qui échoit désormais à un ministère plein.
On constate que le réaménagement fait à l’intérieur confie le portefeuille de la Jeunesse à Smaila Ouédraogo qui était à la Santé. Je crois que ceci est certainement pour répondre davantage aux attentes du monde de la Santé, trouver des solutions aux multiples grèves du SYNTSHA.
En tout état de cause, je me félicite de ce réaménagement technique qui doit relever les défis attendus en 2017, notamment par la réalisation du PNDES. Nous de la mouvance présidentielle, nous avons conservé tous nos portefeuilles. C’est une confiance renouvelée qui interpelle davantage nos camarades qui sont dans le gouvernement à mouiller le maillot. Le peuple attend des résultats, il veut du concret. Il faut espérer que cette équipe soit à la hauteur des attentes des Burkinabè.

Jacob Ouédraogo (Député MPP): Le Mouvement du peuple pour le progrès a bien accueilli ce réaménagement opéré au sein du gouvernement. Réaménagement, du reste, était attendu par le peuple burkinabè. Les défis qui sont ceux du gouvernement et du peuple burkinabè sont grands, et il faudra que cette équipe aille tout de suite au charbon. Le chef de l’Etat qui a proposé un programme au peuple burkinabè connait mieux que quiconque les enjeux et les défis à relever. Nous soutenons le président du Faso et le Premier ministre dans leur tâche. Le peuple attend des résultats tangibles et visibles, et nous sommes disposés à accompagner l’action pour que les attentes du peuple soient atteintes.

Propos recueillis par Alexandre Le Grand ROUAMBA


De la «peste pour le choléra» selon les syndicats

Lorsque vous demandez au président du mois des Centrales syndicales, Paul Kaboré, de porter un jugement sur le nouveau gouvernement, il lance sans hésiter que «la peste a remplacé le choléra». Et de préciser: «Nous ne sommes pas contre quelqu’un». Pour lui, «on a pris Pierre pour aller mettre à la place de Jacques et demandé à Jacques de s’asseoir à la place de Paul, ainsi de suite».
Si le président du mois des Centrales syndicales n’a pas une bonne impression du gouvernement. Il est cependant satisfait de son ministre de tutelle. Il confie: «Celui qui fait bien son travail, c’est le ministre du Travail (ndlr, Clément Sawadogo qui a été reconduit). Lui au moins est à l’écoute. Il reçoit, il essaie de régler les problèmes. Quant au reste, ils ne vous répondent même pas ou disent souvent qu’ils ont oublié votre invitation pour assister ou présider telle ou telle activité. C’est souvent frustrant. Le dialogue social doit être inclusif. Nous ne demandons qu’à être écoutés, même si on ne peut pas résoudre nos problèmes», conclut-il.

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Numéro d'édition: 195