Réduction des inégalités : Optimiser la fiscalité

• La croissance ne doit pas profiter à une minorité

• Imposer davantage les sociétés et les riches

 

Dans le classement des écarts entre riches et pauvres, l’Afrique subsaharienne arrive en seconde position, juste après l’Amérique latine. Dans ces régions, les bénéfices de la croissance sont engrangés trop souvent principalement par une petite minorité. C’est ce qui ressort de l’atelier de planification sur «les pratiques fiscales pour lutter contre les inégalités au Burkina Faso», organisé à Ouagadougou du 22 au 23 décembre 2016 par le Forum des organisations de la société civile de l’Afrique de l’ouest, à travers la plateforme nationale du Burkina (FOSCAO), en partenariat avec OXFAM-IBIS. Le forum a indiqué que 7 des pays les plus égalitaires au monde se trouvent en Afrique et dans un tiers des pays africains, les inégalités s’accentuent.

Pourquoi le FOSCAO s’intéresse aux inégalités?
Les inégalités de économiques empêchent la croissance réduire la pauvreté et de réaliser une prospérité partagée dans de nombreux pays en développement. La hausse dangereuse des niveaux d’inégalités nuit au développement et à la croissance et mine la réduction de la pauvreté. Conscients de cette situation, les pays du monde ont adopté les objectifs de développement durable dont l’objectif 10 est de: «Réduire les inégalités au sein et entre les pays». Après la prise de cet engagement au niveau mondial, chaque gouvernement doit donc placer la lutte contre les inégalités dans ces stratégies de développement. C’est dire que les inégalités ne sont pas inévitables. Comme solution, le forum préconise d’optimiser la fiscalité. Cette option consiste à imposer plus les sociétés et les individus les plus riches afin de redistribuer les ressources à tous les citoyens. D’ailleurs, le rôle de la fiscalité dans la réduction des inégalités a été clairement documenté dans les pays de l’OCDE et les pays en développement. Mais comment évaluer le système d’imposition d’un pays? Le forum préconise l’utilisation de trois indicateurs d’OXFAM international pour évaluer le système d’imposition d’un pays.
Premièrement, c’est de chercher à savoir si les gouvernements font suffisamment d’efforts pour percevoir les impôts par rapport à leur potentiel? Deuxièmement, est-ce que les gouvernements conçoivent et veulent que leurs systèmes fiscaux soient progressifs? Et enfin, est-ce que les gouvernements collectent les impôts qui ont un impact progressif ?

Elie KABORE


Des pistes à explorer

Au terme de leur atelier, les organisateurs ont dégagé des pistes d’activités qui serviront de base pour le plaidoyer. Il s’agit, entre autres, de la sensibilisation sur l’incivisme fiscale par la société civile, le renforcement du système de recouvrement par l’autonomisation des régies de recettes, l’instauration des contrats de bail, l’intensification des contrôles, la suppression des exonérations, l’institution d’un taux réduit de la TVA sur les produits de grande consommation, la réduction des niches fiscales en fiscalisant certains secteurs comme l’agriculture, la lutte contre la fraude et évasion fiscales, identifier les vrais propriétaires des entreprises, financer l’éduction, la santé et mettre en place des programme de protection sociale.
A ce propos, ils proposent de réduire les taxes sur les factures d’électricité et les matériaux de construction, de déclarer les agents du secteur privé à la sécurité sociale et de subventionner les logements sociaux.

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Numéro d'édition: 187