El hadj Souleymane Guira est le PDG de la SUCOTROP, une entreprise active dans le secteur des oléagineux. Il préside également aux destinées du Groupement d’exportateurs de sésame du Burkina (GESB). (DR)

Mix énergétique : La cité-modèle de Souleymane Guira

• De l’énergie 50% solaire, 50% conventionnelle

• Zéro coupure d’eau

• Fin des travaux pour 2018

 

Le 26 novembre dernier, l’homme d’affaires Souleymane Guira a lancé les activités de ses 3 nouvelles entreprises. Il s’agit de Soul Télécoms, Soul Power spécialisée dans le solaire, et de IMAZ, une société immobilière qui se propose de mettre sur le marché une nouvelle offre qui intègre le solaire et l’autonomie matière hydraulique. Dans cet entretien, le promoteur revient sur ce concept et se prononce sur la relance de l’économie nationale.

– L’Economiste du Faso: Vous avez en projet une cité dont la particularité est de proposer un mixte énergétique aux futurs propriétaires. De quoi s’agit-il exactement ?
Souleymane Guira, promoteur immobilier: C’est un projet immobilier qui va chercher dans les 30 à 40 milliards de FCFA. Nous n’avons pas de souci pour le financement, ainsi que pour la réalisation-même du projet, parce que nous sommes accompagnés par des institutions financières locales et internationales. Pour la réalisation, nous y avons prévu déjà des voies bitumées, des terrains de sport, des établissements qui vont du scolaire au secondaire et un centre commercial.

– Le mixte énergétique ne va-t-il pas jouer sur les coûts et décourager les futurs propriétaires?
Le but aujourd’hui, ce n’est pas les coûts. Il y aura des logements sociaux, économiques, des appartements et des logements haut standing. Nous voulons offrir une cité intelligente où l’habitant a à peu près tous les services de base à proximité. Ces avantages-là vont permettre de faire des économies d’échelle et le coût ne sera plus un problème. Si vous avez un supermarché, un centre commercial, des écoles et des collèges, ainsi qu’un centre de santé à deux pas de chez vous et des aires de jeux, cela vous soulage de beaucoup de courses et de dépenses.
Pour ce qui concerne l’énergie, nous offrirons des logements hybrides. C’est-à-dire 50% énergie solaire et 50% énergie conventionnelle. C’est notre contribution à la politique de l’Etat dans sa campagne d’efficacité énergétique. Nous proposerons également des installations hydrauliques pour autonomiser la cité. Bobo regorge d’une nappe souterraine dense. L’Onea ne peut pas tout faire. Notre politique de l’eau dans la future cité est de proposer une cité avec zéro coupure d’eau.

– Les travaux ont-ils commencé ?
Les terrains sont acquis déjà. La cité, comme je vous l’ai dit plus haut, est un modèle nouveau. Il y a des étapes à respecter. Nous voulons d’abord commencer à viabiliser le site. Après nous allons représenter le projet sur le site. Ce sera alors un lancement officiel des travaux. Mais avant, nous ferons une campagne pour les inscriptions.

– Ce centre commercial sera-t-il le même que celui qui a été présenté le 26 novembre dernier?
Non, le centre commercial que nous avons en projet au centre-ville de Bobo est différent de celui qui sera construit dans la cité. Mais l’idée de base est la suivante: IMAZ veut construire un centre commercial avec une offre d’activités qui corresponde aux besoins des hommes d’affaires. En fait, c’est un centre d’affaires que nous projetons.Nous projetons la fin des travaux de la cité pour 2018, pour 1,2 milliard de FCFA d’investissement. Dans un premier temps, nous allons construire 600 logements.

– Lors des élections consulaires, il y a eu des remous ici à Bobo. Comment expliquez-vous cela ?
Ce ne sont pas des troubles à proprement parlé et moi je mettrai cela au compte de l’éveil de consciences de tous ceux qui s’intéressent à la vie de la Chambre consulaire. Les uns et les autres ont compris et veulent désormais être actifs dans la vie de la Chambre de Commerce. Ce qui est une bonne chose. C’est une institution qui appartient au monde des affaires. Cet intérêt est plutôt rassurant. Mais vous constaterez qu’après les élections, le calme est revenu, les hommes doivent faire la paix et se remettre au travail. Le fait d’avoir perdu ou gagné ne doit pas être une source de discordes.
– On parle de plus en plus de relance économique. Vous y croyez en tant que hommes d’affaires ?
Je crois en mon pays. En tant que homme d’affaires, je connais la situation dans la sous-région. En Côte d’Ivoire, les Ivoiriens ont cru en Alassane Ouattara, il a été élu. Mais ce qu’il réalise aujourd’hui, c’est parce qu’il est accompagné qu’il est en train de tenir ses promesses et de réaliser de grandes choses pour son pays.
Je demande aux opérateurs économiques de croire d’abord en leur pays et de faire confiance aux autorités. C’est à cette condition que le financement extérieur du PNDES qui représente la confiance des partenaires pourra nous permettre d’aller loin et de relancer vraiment le pays. Si nous-mêmes nous sommes frileux, quel bailleur de fonds viendra nous aider?

– Vous invitez donc vos collègues à sortir de leur attentisme ?
Oui, je lance un appel aux hommes d’affaires à s’engager, à se surpasser même. En Europe, j’ai rencontré un interlocuteur qui, dès qu’il a su que j’étais Burkinabè, était très enthousiaste.
Voici ce qu’il m’a dit: «C’est le pays des Hommes intègres, mais il faut ajouter aussi le pays des Hommes travailleurs».
C’est un signe que nous avons de bonnes références à l’étranger. Ce n’est donc pas le moment de baisser les bras, il faut avoir confiance et se soutenir mutuellement. C’est ensemble qu’on gagnera la bataille pour le développement.

Entretien réalisé par FW


Cité moderne

La cité IMAZ est prévue pour occuper 30 hectares au secteur 18 de la ville de Bobo-Dioulasso. Le terrain est déjà acquis selon le promoteur. 600 logements de divers standings y seront construits. La plus-value qu’offre ce nouveau concept demeure l’introduction du solaire et l’autonomie en matière d’eau, en plus de l’intégration des commodités comme les services de base. Il faudra cependant attendre 2018 pour voir la réalisation concrète de ce projet.


Présentation du promoteur

El hadj Souleymane Guira est le PDG de la SUCOTROP, une entreprise active dans le secteur des oléagineux. Il préside également aux destinées du Groupement d’exportateurs de sésame du Burkina (GESB).
Le 26 novembre 2016, l’homme d’affaires a lancé simultanément les activités de trois nouvelles sociétés: Soul Power dans le secteur de l’énergie solaire, Soul Télécoms dans les télécommunications et Imaz, une société immobilière.

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Numéro d'édition: 187