On présente le Colonel-Major Oumarou Sadou comme un «homme dur et rigide». Il a occupé pendant 5 ans, soit de 2011 à 2015, le poste de chef d’état-major de l’armée de terre. (DR)

Etat-major des armées : Le Colonel-Major Sadou aux commandes

• Un choix stratégique

• La sécurité au-delà d’un homme

 

Le Président du Faso a procédé le 28 décembre dernier à un changement à la tête de l’état-major des armées. Le nouveau CEMGA s’appelle Oumarou Sadou. Ce Colonel-Major succède donc au Général Pingrenooma Zagré qui a accédé à ce commandement depuis le 2 décembre 2014. Suite à cette nomination, les commentaires vont bon train. Les attaques terroristes qui se multiplient dans notre pays avaient convaincu les uns que la tête de l’armée devait changer pour mieux contrer les assaillants.
Les autres ne voyaient pas ce lien, tous se disant que le problème n’est pas au niveau des hommes. Roch Marc Christian Kaboré, chef suprême des armées, a préféré nommer un nouveau commandant pour espérer un autre management et donc susciter de l’espoir. Le Colonel-Major Oumarou Sadou a donc les épaules chargées d’attentes. Il doit donner raison à ceux qui clamaient que les attaques sont dues à «l’inefficacité» du commandement.
Cela voudrait-il dire qu’avec cette nomination le Burkina tournera la page des heures sombres terroristes?
Le pays des Hommes intègres ne souhaite que cela, car beaucoup de vies ont été déjà sacrifiées. Le Colonel-Major Oumarou Sadou sera-t-il l’homme providentiel? Cette seule nomination ne suffira pas à troubler le sommeil des terroristes. Il faut bien plus. La politique générale de l’armée, les renseignements, la collaboration à tous les niveaux aideront la nécessaire acquisition du matériel adéquat. Le tout n’est donc pas le chef. Il faut une solidarité agissante à tous les niveaux. Le nouveau chef d’état-major général des armées n’est pas un inconnu. Il vient d’un poste qu’a aussi occupé son prédécesseur: chef d’état-major de l’armée de terre. C’est un homme averti des choses militaires et des responsabilités de haute sensibilité qui arrive et qui va arborer bientôt les étoiles de Général de Brigade avant d’aller au front. Le Burkina, comme l’ont déjà souligné certains spécialistes, est en guerre. Cette guerre contre le terrorisme ne peut être gagnée sans un certain volontarisme au niveau politique et au niveau des populations qui doivent continuer à collaborer. L’heure ne doit pas être au divisionnisme, mais plutôt à la solidarité, quel que soit son bord politique. Les yeux sont rivés sur le futur Général de Brigade Sadou, ci-devant originaire du Nord et du Sahel, zone d’activités des terroristes. Il ne peut réussir qu’avec le soutien ferme de ses frères d’armes et du politique.
Le Général Pingrenoma Zagré a fait ce qu’il pouvait faire et s’en va avec certainement le souhait de voir son successeur réussir là où il a échoué, afin que le Burkina de la fraternité s’ouvre une nouvelle ère où la psychose s’estompe pour faire règner la quiétude et la paix. Pour ce qui concerne le Général Pingrenoma Zagré, dans le concert des commentaires sur son départ, cet hommage d’Abdoul Karim Sango n’est pas passé inaperçu: «Il a été un grand patriote qui a servi fidèlement et loyalement sa patrie au poste de CEMGA». Et d’ajouter : «Mon Général, vous avez été d’une grande utilité à notre nation au cours de la transition controversée qui a conduit à l’organisation des premières véritables élections démocratiques depuis 1991. Vous avez combattu le bon combat». Avec la nomination du Colonel-Major Oumarou Sadou, c’est une ère de mouvements qui s’annonce au niveau des autres états-majors, à savoir l’armée de terre, l’armée de l’air, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


Qui est le nouveau CEMGA

On présente le Colonel-Major Oumarou Sadou comme un « homme dur et rigide». Certaines langues affirment qu’il n’a pas eu la tâche facile sous la transition. Il a occupé pendant 5 ans, soit de 2011 à 2015, le poste de chef d’état-major de l’armée de terre. Il fut également commandant de la 2e région militaire. Pensionnaire de l’école de guerre du Nigeria, Oumarou Sadou est spécialiste de l’artillerie et connait le Liberia pour la situation qui y sévissait du temps de Charles Taylor. Du haut de ses 57 ans, le natif de Djibo saura susciter l’espoir tant attendu.

Numéro d'édition: 187