Dr Edwige Adekambi , représentante résidente de l’UNFPA. (DR)

Etat de la population mondiale: sauver les fillettes

• Victimes de pesanteurs socioculturelles

• Mener des actions vigoureuses

 

Burkina Faso, le lancement du rapport 2016 sur l’état de la population mondiale a eu lieu le 16 décembre dernier. Chaque année, le Fonds des Nations-Unies pour la population (UNFPA) publie un rapport qui met en exergue les faits majeurs touchant au bien-être de la population mondiale. Pour le rapport 2016, l’accent est mis sur la fillette de 10 ans, d’où le thème : «10, comment cet âge déterminant chez les filles conditionne notre avenir». C’est sur le caractère précaire de la vie de ces fillettes que le rapport se penche. Selon l’UNFPA, l’âge de 10 ans paraît comme le « seuil critique que bon nombre de communautés ont établi pour effectuer la discrimination entre le devenir de la fille et du garçon ». Pour la représentante de l’UNFPA au Burkina, Dr Edwige Adekambi, «à dix ans, la fille est souvent perçue comme un bien ou une marchandise qui se vend et qui s’achète ; à 10 ans son avenir ne lui appartient plus», conclut-elle. C’est pourquoi Dr Adekambi note que le nouvel agenda de développement s’engage à transformer l’avenir de ces fillettes de 10 ans. Selon les enquêtes, le Burkina Faso appartient malheureusement à la catégorie de pays où les droits de la fillette sont encore largement brimés. Pour ce faire , l’UNFPA affirme qu’il est temps qu’une mobilisation conséquente soit de mise pour l’éradication des formes de discriminations et permettre au Burkina d’être cité parmi les pays ayant réalisé l’objectif 1er des ODD. Afin que cette éradication soit effective, il est urgent de mener des actions « vigoureuses ». Parmi celles-ci, figurent l’éradication du mariage d’enfants la mise en place de mesures incitatives en faveur du maintien de la fillette en milieu scolaire, la sensibilisation des communautés pour plus d’équité dans le temps consacré par les enfants aux activités domestiques. A côtés de ces actions, il faut ajouter la nécessité de veiller au strict respect de l’âge pour le mariage de la fille et du garçon, d’offrir des opportunités de formations professionnelles aux filles et garçons en situation d’échec scolaire.
Le rapport 2016 invite donc à une prise de conscience des potentialités de la fillette de 10 ans. Dr Adekambi fait une halte sur ces potentialités : «A dix ans, la fillette est capable de s’approprier dès son jeune âge la sagesse et le savoir de ceux qui l’entourent. Elle façonnera l’avenir de sa communauté et du monde que nous partageons. Malheureusement, les inégalités sont légion : mariage forcé, travail des enfants, mutilations génitales féminines. En indiquant la prise de conscience que chacun doit avoir, Dr Adekambi rappelle qu’en 2030, la fillette de 10 ans aura 25 ans. Ainsi, affirme-t-elle, « le monde que nous voulons en 2030 aura un visage proportionnel à la manière dont nous investissons en elle aujourd’hui ».
La secrétaire d’Etat chargée des Affaires sociales, Yvette Dembélé, qui a officiellement lancé ce rapport, a rappelé que le Burkina Faso, en plus des instruments juridiques existants, a mis en œuvre plusieurs actions dans ce domaine.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


Alarmante situation

Selon les projections démographiques, en 2016, le Burkina compte 1.235.700 filles de 10 à 14 ans. Beaucoup parmi elles ont commencé le cycle primaire grâce aux mesures mises en place par le gouvernement. La grande majorité des files de 10 à 14 ans est exposée aux multiples formes d’agressions, de privations. Elles constituent la frange de la population la plus vulnérable. A 10 ans, nombreuses sont celles qui sont retirées de l’école pour être données en mariage. Cette situation alarmante de vulnérabilité est la résultante de la conjugaison de plusieurs facteurs dont l’inégalité entre les sexes, la pauvreté, les violences et d’autres pesanteurs socio-culturelles qui scellent, dès la naissance, le sort de la fillette.

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Numéro d'édition: 186