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PNDES : Les raisons du succès de Paris – Jackpot pour Thiéba –

• 150% de couverture des besoins de financement

• Un plan crédible

• Les dividendes de l’insurrection

 

8.552 milliards de F CFA. C’est le montant des engagements des Partenaires techniques et financiers du Burkina Faso dans le cadre de l’accompagnement souhaité pour la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES), au premier jour de la conférence des bailleurs de fonds de Paris.
Ce montant couvre les besoins de financement du plan à hauteur de 150%. Parmi les gros contributeurs figurent la Banque mondiale avec «3,8 milliards de dollars américains, la BID avec 2,6 milliards de dollars, la BAD avec 1,5 milliard». «Il ne s’agit certes pour le moment que des intentions, il n’y a pas de chèques à encaisser pour l’instant», a vite fait de prévenir le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, lors de sa conférence de presse.

Ici, le Premier ministre Paul Kaba Thiéba et la ministre de l’Economie, des finances et du développement, Rosine Sori Coulibaly, en pleines discussions et explications autour du plan du gouvernement, dans un centre de conférences devenu trop étroit pour contenir tous les participants. (DR)

Ici, le Premier ministre Paul Kaba Thiéba et la ministre de l’Economie, des finances et du développement, Rosine Sori Coulibaly, en pleines discussions et explications autour du plan du gouvernement, dans un centre de conférences devenu trop étroit pour contenir tous les participants. (DR)

C’est un processus qui démarre ainsi, le gouvernement, dans le cadre du suivi des engagements des PTF, a mis en place un dispositif pour continuer les échanges avec chaque bailleurs de fonds. Ce processus devrait aboutir à la signature de conventions de financement avec chacun d’eux, puis à la mise en œuvre opérationnelle de chaque projet financé. Une seconde manche s’ouvre donc après Paris, et le temps sera un autre indicateur à surveiller de près face aux nombreuses attentes que suscite le PNDES pour gagner cette nouvelle «insurrection contre la pauvreté, l’incivisme et l’injustice».
La balle est donc dans le camp du gouvernement, comme l’a lui-même reconnu Paul Kaba Thiéba.

Succès inattendu
«C’est un succès inattendu», a avoué le Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Il a été obtenu au bout d’une longue journée de discussions et d’explications autour du plan du gouvernement, dans un centre de conférences devenu trop étroit pour contenir tous les participants. Cette forte mobilisation des PTF a été également un des points de satisfaction, au point où les organisateurs ont dû s’excuser des désagréments liés au manque de place.

Les participants ont dû suivre les travaux dans des salles attenantes, en visio-conférence, où ils ont pu suivre les différents exposés sur les principaux axes du PNDES, son dispositif de mise en œuvre et de suivi-évaluation. (DR)

Les participants ont dû suivre les travaux dans des salles attenantes, en visio-conférence, où ils ont pu suivre les différents exposés sur les principaux axes du PNDES, son dispositif de mise en œuvre et de suivi-évaluation. (DR)

Les participants ont dû suivre les travaux dans des salles attenantes, en visio- conférence, où ils ont pu suivre les différents exposés sur les principaux axes du PNDES, son dispositif de mise en œuvre et de suivi-évaluation. Cet exercice a mis à contribution un certain nombre de ministres du gouvernement, en dehors du Premier ministre et du ministre de l’Economie, des finances et du développement. Cet engouement des PTF «est l’expression de la crédibilité retrouvée du Burkina» qui a montré ses dernières années «sa capacité à défendre sa démocratie». En fait, le Burkina encaisse ainsi les «dividendes» d’un processus de luttes qui va de l’insurrection populaire à l’organisation d’élections libres et transparentes, en passant par la résistance au coup d’Etat de septembre 2015.
La stabilité du pays, malgré le défi sécuritaire, les réformes en cours et l’ancrage démocratique du pays ont joué en sa faveur. Des partenaires n’ont pas manqué de le rappeler lors de leurs interventions pour motiver leurs engagements à soutenir le Burkina. Certains pays n’ont pas fait d’annonce d’engagement soit parce qu’ils avaient des programmes en cours d’exécution ou d’élaboration.
L’union européenne a, par exemple, annoncé 800 millions d’euros qui représente l’ensemble de ses interventions en cours, notamment dans le cadre du Programme indicatif national (PIN), qui cadre avec certains axes du PNDES. D’après son représentant, ce montant pourrait être revu à la hausse avec le projet dans le secteur de l’énergie et l’éligibilité à certains guichets.

Abdoulaye TAO


Les plus

La Belgique a annoncé le retour du Burkina dans les 14 pays prioritaires de sa coopération au développement. Elle redémarre en douceur sa coopération avec 12 millions d’euros dans les secteurs, entre autres, de l’eau et la santé au Centre et Centre-Est, en attendant le nouveau programme de coopération 2018-2021.


Kaba, l’homme-orchestre

Le Premier ministre jouait gros à Paris la réputation de son gouvernement et la sienne aussi. Son investissement personnel n’a pas échappé aux observateurs. Au four et au moulin, il a été l’homme-orchestre de cet événement. Il a accordé de nombreuses audiences à certains partenaires à la veille de la conférence et a eu plusieurs séances de travail avec les ministres arrivés seulement le 4 décembre à Paris pour peaufiner l’organisation, les présentations en plénière.
Pendant cette période, la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement faisait le tour de certaines capitales européennes pour battre le rappel des partenaires. Un travail d’équipe qui a porté ses fruits.

Numéro d'édition: 184