Relance économique: les engagements du Burkina international

• Créer une banque des PME

• Rendre les organes du PNDES effectifs

• Faire de Ouaga et Bobo des «villes wifi »

 

Les 10 et 11 octobre 2016, Ouagadougou a vécu une rencontre économique qui a regroupé bien d’experts pour des échanges porteurs. Il s’agit du colloque international sous le thème «Contribution des acteurs du secteur privé à la relance économique dans le cadre du PNDES: enjeux et mécanismes d’un partenariat gagnant-gagnant». L’œuvre est du Think Tank Burkina International.
Ce sont 250 personnes par panel, venues de la Côte d’Ivoire, de la Centrafrique, du Mali, de la France, des Etats-Unis et bien évidemment du Burkina Faso, avec une forte délégation d’opérateurs économiques de la capitale économique Bobo-Dioulasso, qui ont mis leurs expériences au service de ce forum. Cette rencontre de réflexion a été rehaussée par la participation de partenaires techniques et financiers, de représentants d’organisations internationales et interafricaines, de représentations diplomatiques et consulaires présentes au Burkina Faso.
Le colloque de Ouagadougou a engrangé des résultats encourageants. Au niveau de la politique économique et des réformes, il est ressorti la nécessité d’ «opérationnaliser les dispositifs de mise en œuvre et de suivi-évaluation du PNDES», de «poursuivre des réformes en matière de bonne gouvernance». A cela s’ajoute l’opérationnalisation des mécanismes de soutien comme le rachat des crédits des entreprises surendettées et la liquidation de la dette intérieure; œuvrer à la renaissance des entreprises sinistrées lors de l’insurrection et dédommager les travailleurs ayant perdu leurs emplois à cette occasion, l’amélioration de la qualité et l’accès à une école de formation technique et professionnelle adaptée aux besoins de l’économie; la relance des industries en difficulté et l’élaboration d’une stratégie d’industrialisation, la mise en place de mécanismes de financement adaptés aux besoins de transformation structurelle de l’économie, diversifier les sources de financements en explorant davantage la solution de la finance islamique, la promotion de l’artisanat de production, à travers la professionnalisation des acteurs, et l’amélioration de leur accès à la commande publique et au financement, définir l’approche et le cadre complet de mise en place d’un dispositif innovant de financement de l’énergie: FASE (Fonds d’appui au secteur de l’énergie), etc.
Outre cela, le colloque recommande l’adoption d’ un nouveau modèle d’organisation du secteur des hydrocarbures plus ouvert, intégrant une libéralisation des achats à l’international, du transport, de l’emplissage (pour le gaz) et de la distribution. Il y a également le vœu de voir adopter une Loi sur la modernisation de l’économie (LME) qui traitera entre autres de la relecture et la modernisation des différentes lois, des procédures administratives, des actuels codes (code minier, foncier rural, urbain, réglementation sur la dénationalisation des entreprises publiques et des transferts de propriété, code du travail, le droit et le transfert de propriété, etc.).

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Si ces dernières recommandations constituent des préoccupations du colloque et de Burkina International, ils n’ont cependant pas occulté certains points saillants pouvant les aider à atteindre leur objectif, c’est-à-dire la relance économique. Il s’agit notamment de la segmentation des marchés publics avec une part dédiée aux PMI/PME; l’encouragement et l’encadrement de la cotraitance entre les PMI/PME et les multinationales, l’évaluation de l’ensemble des dispositifs de financements (FAPE, FASI, FAIJ, AF-PME, FBDES) et la création d’une banque des PME.
La deuxième halte du colloque s’est appesantie sur les facteurs de production et de la compétitivité. A ce titre, le colloque souhaite «la participation des faîtières aux instances d’orientation des structures de formation et l’implication des entreprises à l’élaboration des offres et des contenus de formation. Aussi , ambitionne-t-il de voir la taxe patronale d’apprentissage reversée ou supprimée ou encore remplacée par une autre contribution repartie entre la formation initiale et continue des travailleurs des secteurs structurés, non structurés et l’apprentissage, le financement des cadres de concertations et des structures intervenant dans le pilotage de la formation professionnelle.
Le colloque propose également de «restructurer le FAFPA, le SP CNC et l’ONEF pour en faire des organismes tripartites». Pour ce faire , il suggère de mettre en place un environnement juridique et fiscal favorable au développement des TIC, faire un audit de la cyber-législation, assurer la formation des parlementaires à la cyber-législation et constituer un réseau de parlementaires sur le numérique ; mettre en place une structure neutre pour la gestion et la commercialisation de la sortie internet du pays; faire des grandes villes, notamment Ouagadougou et Bobo Dioulasso, des «villes wifi» en libre accès.
Le financement des projets et des entreprises a occupé une place de choix dans les échanges, tout comme les relations secteur privé-pouvoirs publics pour la relance économique du Burkina Faso. A ce titre, il a été exprimé au cours de ce colloque la nécessité de renforcer le dialogue social Etat-Partenaires sociaux (patronat et syndicats); d’intégrer les critères de RSE (Responsabilité sociale de l’entreprise) dans la réglementation des marchés publics, de créer une plateforme RSE de partage de ressources, en collaboration avec le secteur privé, la société civile et le monde académique et d’adopter des chartes et des labels RSE nationaux pour inciter les entreprises à appliquer les outils de bonne gouvernance.
Aussi, a-t-il suggéré de créer un cadre de coordination entre la Chambre de commerce et les principales structures d’appui au secteur privé (Conseil national du patronat burkinabè, Agence de promotion de l’investissement, Maison de l’Entreprise du Burkina Faso, Coordination nationale des Chambres régionales d’agriculture du Burkina Faso et Chambre des métiers et de l’artisanat. Ces conclusions du colloque ont été transmises aux décideurs publics et privés avec un mécanisme de mise en œuvre et de suivi-évaluation des propositions. Des bilans réguliers seront faits. Une revue collective à caractère scientifique et pédagogique sera éditée d’ici la fin de l’année 2016.

Joël BOUDA

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Numéro d'édition: 183