Cheicke Hadjibou Soumaré, président de la commission, en fin de mandat. (Ph.: Lambert  Ouédraogo)
Cheicke Hadjibou Soumaré, président de la commission, en fin de mandat. (Ph.: Lambert Ouédraogo)

Uemoa : la commission fait son bilan

• Des progrès en agriculture et dans l’énergie

• Les adieux de Cheicke Hadjibou Soumaré

 

La réunion avec les Ptf de l’uemoa et les ambassadeurs accrédités au Faso, le 22 novembre dernier, a été une occasion pour le président de la commission de faire ses adieux. Après quatre années passées à la tête de la commission, Cheicke Soumaré cèdera sa place dans quelques semaines, non sans avoir exprimé ses sentiments à ses collaborateurs et aux partenaires techniques et financiers grâce à qui certains des projets ont pu voir le jour : « J’arrive au terme de mon mandat. Je crois avoir modestement fait ma part et l’heure est venue de passer la main. J’ai apprécié la collaboration avec les partenaires qui ont permis les réalisations de nombreux projets. J’invite les jeunes à croire en l’intégration. Il est désormais possible à tous de chercher des opportunités partout dans les pays de la commission sans être inquiétés, car l’intégration est une réalité ». Mais avant, l’homme a fait à ses interlocuteurs le bilan du processus d’intégration, comme chaque année. Selon le président de la commission, Cheicke Hadjibou Soumaré, depuis sa création, l’Uemoa s’évertue à édifier un espace économique harmonisé, intégré et sans frontière. De nombreux acquis ont été observés ces dernières années avec l’aide des Ptf tels que l’Union européenne, premier bailleur de fonds de la commission. Le dialogue de proximité entre les Ptf, les ambassadeurs et la commission de l’Uemoa consiste à faire apprécier les actions de chaque partie et d’en tirer les conséquences. Initiées depuis 2011, ces réunions annuelles permettent de faire l’état des avancées du processus d’intégration communautaire. Selon le bilan de Cheicke Hadjibou Soumaré, en termes de grandes avancées, la commission note une amélioration au niveau de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Entre 2011 et 2015, 19,6% du budget de la commission ont été dédiés au secteur agricole. Cette performance va bien au-delà de la déclaration de Maputo en 2003 qui engageait les Etats à consacrer 10% de leurs budgets à l’agriculture.
En ce qui concerne le secteur de l’énergie, la commission reconnait être confrontée à une crise profonde dans ce secteur. Afin de trouver une solution définitive, il a été mis en place l’Initiative régionale pour l’énergie durable (IRED). A ce titre, pour l’opérationnalisation de l’IRED, 250 milliards de FCFA ont été injectés par la Bceao et la commission pour le financement de 11 projets dans les Etats membres, pour un montant global de 229,70 milliards. En ce qui concerne le domaine de la sécurité, domaine essentiel selon le président de la commission, les chefs d’Etat de la sous-région ont instruit la commission de concevoir une stratégie de réponse à la hauteur de la récurrence et de la gravité du défi sécuritaire. Le programme stratégique pour la paix et la sécurité de l’espace Uemoa a donc été adopté en juin dernier à Dakar. La commission a touché également le domaine de la gouvernance en définissant une vision stratégique pour éclairer ses actions et mieux orienter sa démarche opérationnelle. Ainsi, selon Cheicke Soumaré, « des programmes ont été alignés, recentrés et rationalisés, passant de 57 à 32, ainsi qu’un schéma organisationnel de la commission qui a tenu compte des exigences du plan stratégique ».

Germaine Birba

Numéro d'édition: 182