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Chambre de commerce : Des poids lourds menacés. De beaux duels en perspective

• Des poids lourds sous la menace

• Des sous-catégories sous haute convoitise au Centre

• Lassiné Diawara en embuscade depuis l’Ouest

 

Quels sont les opérateurs économiques qui composeront les 151 membres de la prochaine Assemblée consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina (CCI-BF) ? On le saura à l’issue des élections prévues pour se tenir le 13 novembre 2016.
Pour ce faire, le processus électoral lancé 1er août dernier suit son cours. Après la phase de l’enrôlement, bouclée fin août, et le contentieux relatif aux inscriptions, le Comité d’organisation a rendu publique, le 5 octobre 2016, une liste électorale «définitive», qui pouvait néanmoins être contestée devant un tribunal compétent dans un délai de 7 jours.
Par ailleurs, tous les inscrits qui souhaitaient briguer une place d’élu au sein de la future assemblée avaient la période du 5 au 14 octobre pour faire acte de candidature.
Il faut rappeler que les opérateurs économiques sont inscrits sur la liste électorale suivant 3 catégories (Commerce, Industrie et Services), qui elles-mêmes sont subdivisées en plusieurs sous-catégories pour prendre en compte les spécificités des acteurs.
electionsC’est à l’intérieur de ces différentes sous-catégories que la compétition a lieu pour les candidats aux sièges de l’Assemblée consulaire. Après le scrutin du 13 novembre, les 151 membres éliront, à leur tour, à bulletin secret, le président de la CCI-BF et le Bureau consulaire composé de 22 membres. Cela est une autre paire de manches et on n’en est pas là. Pour y arriver, les candidats devraient d’abord être déclarés élus à la première phase prévue le 13 novembre.
Au vu des inscrits, c’est-à-dire les électeurs et potentiellement des candidats, dans les différentes sous-catégories, on peut déjà parier que pour beaucoup, y compris certains poids lourds du milieu des affaires, les élections du 13 novembre ne seront pas une simple formalité. Loin de là. La lutte pour occuper le ou les sièges attribués à chaque sous-catégorie, s’annonce âpre. Sinon, il faudrait que certains candidats se désistent au profit d’autres pour éviter certaines désillusions.
Dans chaque sous-catégorie, il y a une ou deux places à prendre. Si l’élection est naturellement gagnée d’avance pour certains, en raison notamment du peu d’engouement dans la sous-catégorie les concernant et de l’absence d’inscrits emblématiques, d’autres candidats pressentis auront fort à faire pour franchir l’étape du 13 novembre.
C’est essentiellement dans la région électorale du Centre composée de la seule province du Kadiogo (Ouagadougou) qu’il pourrait avoir du grabuge dans la lutte pour occuper les sièges.
Parmi les sous-catégories où on pourrait assister à de beaux duels, voire une mêlée de vrais costauds, il y a «le Commerce du gros». Cette sous-catégorie concerne les acteurs évoluant dans le milieu du Commerce et dont le Chiffre d’affaires (CA) est supérieur à 5 milliards de F CFA. 2 sièges sont à prendre dans cette sous-catégorie au Centre. Plus d’une vingtaine d’inscrits la composent. Parmi eux, on retrouve l’homme d’affaires Mahamadi Sawadogo dit Kadhafi de la Pétrolière du Faso (PETROFA).
Il est déjà pressenti parmi ceux qui souhaitent briguer la présidence de la CCI-BF. Ce qui ferait donc de lui un candidat dans sa sous-catégorie. Son souci serait que d’autres figures emblématiques du commerce qui sont également inscrits dans sa sous-catégorie décident, eux-aussi, de briguer les 2 sièges. Parmi ceux qui pourraient compliquer la tâche à Kadhafi, il y a Chatry Jean Michel de HAGE MATERIAUX, Fadoul El Achkar Joseph de DIACFA, Mohamed P.Sogli de SOPAM, la bien connue Mamounata Vélegda qui pourrait s’en sortir au nom du genre. Il y a aussi Seydou Sessouma de GENEDIS, le représentant de CFAO Motors, celui de KANIS International, de VIVO ENERGY, de LIBYA OIL ou d’OTAM. Si chacune de ces figures venait à voter pour soi-même, la règle électorale dispose que c’est le plus ancien qui est déclaré élu. Dans la sous-catégorie «Télécommunications » classée dans les Services, 1 seul siège est à prendre au Centre et pour tout le pays. Il y a 17 inscrits dont Apollinaire Compaoré de Telecel Faso, candidat à la présidence de l’institution. Dans cette même rubrique, si des figures comme Cheick Haïdara d’AIRTEL, Sidi Mohamed Naimi d’ONATEL ou Alain Roger Coéfé de MOBITEL EXPRESS venaient à se porter candidats, la place serait très disputée. Les alliances devraient être très décisives.

Karim GADIAGA


Presque tout le monde est là

Parmi les inscrits sur la liste électorale, on retrouve presque tous les grands noms du milieu des affaires burkinabè, même si certains patrons ont choisi de s’éclipser en présentant leurs Dg. Adama Ouédraogo de l’hotel PALM BEACH, qui est cité parmi ceux qui convoitent le poste de président de la CCI-BF, se retrouve dans la catégorie « Hôtels et restaurants » au niveau des Services. Safiatou Lopez Zongo d’Afrique Construction se retrouve au Centre dans la sous-catégorie « Petites Entreprises du BTP », entités dont le chiffre d’affaires est inférieur 10 milliards de FCFA.
Dans cette rubrique, il y a plus de 600 inscrits au Centre et c’est seulement 2 sièges qui sont à prendre. Idrissa Nassa de Coris bank, qui a indiqué qu’il ne souhaitait pas être président de la CCI-BF, se retrouve néanmoins parmi la quarantaine d’inscrits de la sous-catégorie «Banques et Etablissements financiers» dans les Services. 3 sièges sont attribués à cette rubrique dans le Centre. La sous-catégorie «Grandes entreprises du BTP», avec un CA supérieur 10 milliards de F CFA, enregistre l’absence de Mahamadou Bonkoungou d’EBOMAF. On y retrouve 3 inscrits, dont Moctar Mando de COGEB International. Quant à Lassiné Diawara, autre grand nom du milieu des affaires, il a préféré se positionner discrètement dans la région des Haut-Bassins (Bobo-Dioulasso), au nom de la Manufacture burkinabè de cigarettes (MABUCIG). Il constitue, avec Alexandre Zanna de SN CITEC, les 2 inscrits de la sous-catégorie «Grandes entreprises agroalimentaires », entités dont le CA est supérieur à 5 milliards de F CFA. Les 2 sièges attribués à cette rubrique dans les Hauts-Bassins devraient leur revenir sans difficulté. o

Numéro d'édition: 176