Transport urbain : Il faut sauver la Sotraco

• Déficit de financement pour assurer le service public

• Seulement une vingtaine de bus opérationnels

 

Dans quelques semaines, sonnera la reprise des cours avec la rentrée scolaire et universitaire pour des milliers d’élèves et d’étudiants. Pour eux et pour les parents, l’équation du moyen de déplacement reste entière: choisir l’autonomie en acquérant une moto à près d’un demi million ou compter sur le transport en commun?
Le choix le plus écologique et le plus économique que représentent les bus de la Sotraco n’est pas encore celui de la majorité des Ouagalais. Pourtant, la demande est là, forte. A condition que l’offre de service du transport urbain soit à la hauteur des attentes des usagers. La société de transport, malgré les efforts de ses directions successives, traîne encore un boulet qui entache sa réputation: la vétusté de son parc et l’insuffisance du nombre de bus avec son corollaire de longs délais d’attente aux arrêts de bus. Un cercle vicieux dont elle a du mal à sortir, parce que tout simplement les principaux partenaires que sont l’Etat et la ville de Ouagadougou s’accommodent de cette situation. Tant qu’il n’y a aura pas un plan ambitieux de relance avec les moyens qui vont avec, l’effet ciseau à l’horizon 2017 sera inévitable: le chiffre d’affaires n’arrivera plus à couvrir les charges du personnel.Sotraco a besoin d’accroître sa productivité et sa valeur ajoutée, et cela passe par de nouveaux investissements pour acquérir des bus et des pièces de rechange à la hauteur de ses ambitions, conformément aux conclusions de son plan stratégique 2015-2020.
Ce plan stratégique a fait un diagnostic sans complaisance de la situation de l’entreprise et proposé des choix stratégiques à faire. Il s’agit entre autres de revoir la capitalisation de la société et d’y introduire éventuellement un actionnaire de référence; la création d’une société de patrimoine est également évoquée. Il faut une volonté forte de gouvernement. Devant les députés, le Premier ministre a décliné le projet gouvernemental en ces termes: «Le gouvernement mettra un accent particulier sur l’amélioration du transport urbain dans les deux villes principales que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso et dans les villes moyennes, pour mieux répondre aux attentes des citadins, notamment de la frange jeune (élèves, étudiants), des personnes âgées et des personnes vivant avec un handicap». Paul Kaba Thiéba a même annoncé un soutien au renforcement des capacités de la Sotraco dans le cadre de la fluidité du transport.
Du côté de la Société de transport en commun de Ouagadougou, les regards sont tournés vers le gouvernement parce que les menaces sont réelles et précises sur la survie de la société (voir encadré).o

FW


Une société menacée

Si rien ne change, les menaces évoquées ci-dessous entraineront la perte de la société de transport public. Velléités de mise en circulation de minibus et de création d’autres sociétés privées de transport urbain, pour répondre à la demande, avec des risques d’accentuation de la concurrence sur le périmètre concédé à Sotraco (initiatives bloquées jusque-là par la mairie pour éviter d’arriver à une situation anarchique du transport urbain à Ouaga).
Fortes pressions du secteur privé pour liquider Sotraco et céder le marché à d’autres privés, combinées à un lobbying hostile des concessionnaires de motos.
Faible prise en compte, par les autorités municipales à Ouaga, du développement du transport en commun dans les projets d’aménagement de la ville (cas de la Route Nationale n°1 récemment aménagée sans prévoir ni d’arrêt/abris de bus, encore moins de couloirs de circulation dédiés à Sotraco).
Difficultés de l’Etat (du fait de ses obligations et limites en termes d’engagement) pour appuyer Sotraco dans l’obtention des facilités de financement, notamment pour l’acquisition de bus en nombre suffisant et d’équipements adéquats de maintenance…

(Source: rapport du plan stratégique 2015-2020)


La vétusté du parc, le talon d’Achille

L’analyse diagnostique de l’état du parc de bus a révélé la pluralité des marques et surtout des bus qui ne sont pas adaptés. En 2014, sur 68 bus qui constituaient le parc de la Sotraco, seulemenent 19 étaient en circulation.

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Numéro d'édition: 169