Le nouveau président de la CENI, a de gros défis à relever. (DR)

Newton Barry à la CENI : La diaspora attend son heure

Au lendemain de l’élection à l’unanimité le 25 juillet (15 voix /15) du journaliste Newton Ahmed Barry à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), L’Economiste du Faso l’a approché pour connaître ses urgences. Voici ce qui ressort de l’entrevue.

– L’Economiste du Faso: Votre désignation par la communauté musulmane a fait l’objet de déclarations de certaines composantes de cette entité. Comment en est-on arrivé là ?
Newton Ahmed Barry: Vraiment, je ne saurai vous dire comment on en est arrivé là. J’ai été présenté comme les procédures le veulent. Il y avait 12 candidatures au sein de la communauté musulmane. Parmi les 12 candidatures, la mienne a été retenue.
Maintenant, quelles sont les procédures internes qui n’ont pas été appréciées par les frondeurs? Là je ne saurai répondre. Je répète qu’à partir du moment où j’ai été désigné, je dois rassembler.
Ce qui est important, c’est de rassembler la Communauté musulmane. Pour une fois que nous avons la responsabilité devant l’Etat et devant la nation, nous devons pouvoir l’assumer dans l’intérêt supérieur. C’est cela qui est important.
Chaque commissaire de la CENI vient d’un caucus, mais ne doit plus travailler pour ce caucus. En tant que citoyen, je suis soucieux de la cohésion au sein de la communauté de laquelle je suis originaire.

– A quoi allez-vous vous attaquer prioritairement au lendemain de votre prestation de serment devant le Conseil constitutionnel, surtout qu’il y a des communes où il faut repartir pour organiser les élections municipales?
Après la passation de service, nous allons voir l’existant. J’imagine que l’équipe sortante, dans la perspective de la tenue de ces élections additives, a pu faire un travail. Nous verrons où elle en est.
De toutes les façons, cela va être la première tâche à laquelle on va s’atteler. Il s’agira d’aplanir les difficultés qui avaient empêché l’élection et voir comment organiser un scrutin qui permette à l’ensemble des citoyens de pouvoir s’exprimer pour que les résultats correspondent à leur volonté.

– L’élection des Burkinabè de l’extérieur est certainement votre gros défi à relever à l’horizon 2020…
C’est véritablement un des gros enjeux. Politiquement, cette question est actée, mais il y a beaucoup d’autres questions sous-adjacentes qui ne sont pas réglées. Quand vous avez une diaspora aussi forte que la nôtre en Côte d’Ivoire, et qui peut, à elle seule, déterminer l’issue d’une élection, il faut aborder la question avec beaucoup de délicatesse et de tact.
Ce sont des questions de fond qu’il faut réviser pour voir sur quoi on s’entend. Il y a également l’étendue. Ces élections vont s’adresser à combien de pays ? Quel est le mode ? Est-ce autour des consulats ? Dans un pays, combien de Burkinabè doivent y être pour qu’on puisse installer un bureau de vote ? Ce sont des questions techniques qu’il faut régler le plus rapidement.
On a des Burkinabè aussi nombreux à l’intérieur qu’à l’extérieur. Donc, c’est une élection qui va être extrêmement délicate. Si vous prenez la Côte d’Ivoire, vous pourrez vous retrouver avec un million d’inscrits.
C’est énorme ! Quand on prend les ratios de 500 électeurs par bureau de vote, imaginez le nombre de bureaux de vote que l’on pourrait y constituer ! En plus, ces électeurs en Côte d’Ivoire ne sont pas concentrés en un seul endroit.
Quel est techniquement le moyen à mettre en place pour que ces Burkinabè puissent voter. On dit 2020, mais c’est vite arrivé.

Propos recueillis par Alexandre Le Grand ROUAMBA


Après le serment, le boulot !

Elus le 25 juillet dernier, Newton Ahmed Barry et ses collègues ont prêté serment le 27 juillet devant les juges du Conseil constitutionnel. Les choses vont très vite. Newton Ahmed Barry promet de revenir à la presse pour annoncer les réformes qui mijotent dans sa tête.
Les 5 années à venir ne seront pas un fleuve tranquille pour l’équipe. L’équipe de Me Barthelemy Kéré a mis la barre haut et celle entrante a le devoir de la maintenir tout au moins à son niveau, sinon la relever davantage.

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Numéro d'édition: 169