Loi de finances rectificative : Pourquoi l’opposition s’est abstenue

• L’UPC accuse la faible maîtrise des dépenses publiques

• Le CDP condamne l’interdiction de voyage de ses deux membres

 

Avant la séance de vote de la deuxième loi de finances rectificative du budget de l’Etat gestion 2016, le 25 juillet 2016, chaque groupe parlementaire a donné des consignes de vote. Si les groupes parlementaires Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et Burkindlim ont appelé leurs députés à voter pour la loi, les partis politiques membres de l’opposition politique ont appelé leurs députés à s’abstenir de voter. Les consignes ont été respectées, mais les partis de la majorité l’ont remporté. Voici les arguments des groupes parlementaires de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).
Pour l’UPC, l’institution de la taxe foncière est inopportune parce qu’elle a déjà fait l’objet d’un rejet par les députés lors de la première loi de finances rectificative. En son temps, les députés avaient exigé comme préalable à l’institution de cette taxe la mise en place d’un fichier cadastral.
Le faible taux d’absorption des fonds dans la mise en œuvre des projets et programmes de développement a été fustigé par le groupe parlementaire UPC, tout comme les 10 milliards de FCFA dégagés pour le règlement de la dette intérieure. Pour les députés membres de ce parti, cette somme est faible et ne saurait contribuer à relancer l’activité économique. La faible maîtrise des dépenses publiques a aussi été relevée. A ce propos, l’UPC relève que des dépenses ont été exécutées par décrets d’avances, alors que ces dépenses étaient connues. Ce parti cite l’exemple des dépenses entrant dans le cadre des élections municipales. Elles auraient pu être prises en compte dans la première loi de finances rectificative adoptée en avril 2016. La faible maîtrise des dépenses publiques s’exprime selon l’UPC à travers la taxe sur la bière qui a été introduite à la dernière minute parce qu’elle ne figurait pas dans le document initial. Au regard de ce qui précède, le parti a estimé que le document soumis au vote a été rédigé dans la précipitation et a appelé ses députés à s’abstenir.
Sur le plan économique, sur une dette intérieure estimée à 75 milliards de FCFA, seulement 30 milliards ont été prévus pour le règlement, soit 40%. L’ex-parti majoritaire, le CDP, juge cette somme insuffisante tout comme les 131 milliards de FCFA destinés au secteur agricole qui ne représentent que 6,8% du budget national. Le CDP regrette que la taxe foncière revienne dans cette loi de finances rectificative, alors que les députés avaient préconisé le report de son inscription dans le budget 2017. Pour toutes ces raisons, il a demandé à ses députés de s’abstenir. Les arguments avancés par le groupe parlementaire Paix justice et réconciliation nationale (PJRN) ne diffèrent pas de ceux du CDP et de l’UPC.

Elie KABORE


18,98% du budget réservés à l’éducation

La part réservée à l’éducation est de 18,98% dans la deuxième loi de finances rectificative. Elle était de 19,06% dans la première loi de finances rectificative. Pour le gouvernement, il ne s’agit pas d’une diminution de l’allocation budgétaire à l’éducation. Cette situation résulte de l’augmentation du budget total.

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Numéro d'édition: 169