Loi de finances rectificative  : Une augmentation des recettes intérieures en vue

• Le gouvernement compte sur le secteur minier

• Une bonne campagne agricole serait la bienvenue

Le Conseil des ministres extraordinaire du 21 mars 2016 a adopté le projet de loi de finances rectificative, gestion 2016. Le projet de loi a été transmis à l’Assemblée nationale pour son adoption. En rappel, la loi de finances initiale avait été adoptée par le Conseil national de la transition (CNT) le 26 décembre 2015. Présentement, le projet de loi de finances rectificative est en discussion au niveau de l’Assemblée nationale. La séance plénière de son adoption programmée pour la semaine passée a finalement été reportée à cette semaine.

Selon une mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a rencontré le Premier ministre Paul Kaba Thiéba et quelques membres du gouvernement lors d’un séjour du 29 mars au 8 avril 2016, la loi de finances rectificative 2016 met l’accent sur «l’augmentation de la mobilisation des recettes intérieures afin de reconstruire l’espace budgétaire pour les investissements prioritaires». Cette augmentation intervient dans un contexte de baisse des recettes fiscales de 2% par rapport au Produit intérieur brut (PIB) entre 2013 et 2015.
Selon les explications du gouvernement, le budget 2016 révisé vise un accroissement ambitieux des recettes d’environ 1,5% du PIB par rapport à 2015, accroissement soutenu par de nouvelles mesures visant à renforcer les administrations fiscale et douanière. Le déficit budgétaire devrait rester à environ 3% du PIB à moyen terme.
Mais où trouver les ressources pour prendre en compte ces augmentations ?
Le gouvernement a constaté une reprise de l’activité économique après la période d’incertitude durant la transition.
Dans un premier temps, le gouvernement table sur la hausse du cours de l’or. De nos jours, le cours de l’or tend vers les 1.300 dollars l’once, alors qu’en fin 2015, il avait atteint un bas niveau de 1.070 dollars l’once. L’or étant le premier produit d’exportation du Burkina Faso, générant plus de 65% des recettes d’exportation, la remontée des cours de l’or et l’entrée en production d’au moins 2 mines d’or (Roxgold et Karma) et la mine de manganèse de Tambao contribueront à rehausser les recettes minières au profit du budget de l’Etat. Dans un second temps, le gouvernement compte sur une campagne agricole favorable qui pourrait soutenir croissance économique. Le budget révisé comprend également un certain nombre de nouvelles mesures au niveau des investissements, ainsi que des engagements dans les domaines de la sécurité, la santé, l’éducation, l’eau et l’emploi des jeunes visant à répondre à des besoins sociaux pressants. Après cette analyse de la situation, le FMI a salué les efforts déployés par les autorités pour contenir la masse salariale du secteur public, et pour accélérer la préparation du nouveau Plan national de développement économique et social (PNDES).
E.K


Des économies financières pour le budget de l’Etat

Du côté des dépenses, le gouvernement a décidé de rationaliser les charges de fonctionnement à l’effet de dégager des économies et de suspendre certains investissements qui étaient prévus dans la loi de finances initiale. A ce titre, le Conseil des ministres du 30 mars 2016 a réglementé l’utilisation des véhicules de l’Etat, de ses démembrements et des autres organismes publics, dans l’optique de rationaliser la gestion des véhicules de l’Etat. A l’issue de cet inventaire, des ventes aux enchères seront organisées et les produits des ventes reversés dans le budget de l’Etat.

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Numéro d'édition: 154